Qui l’eût cru ? Issa HAYATOU. Un septuagénaire, Président qui se croit inamovible vient d’essuyer un affront lamentable, cet après-midi du 16 mars 2017 au cours de l’élection d’un nouveau bureau de la Confédération Africaine de Football (CAF). Il est battu par 34 voix contre 20. Depuis plus de 30 ans, cet homme a régné sur cette instance en main de fer. Aujourd’hui, son successeur n’est autre que le Malgache ADAMA qui inspire un renouveau dans le monde du football africain secoué par des scandales financiers dont HAYATOU et ses sbires jouissent allègrement. Même le 15 mars 2017, à la veille du scrutin, HAYATOU était parti favori et gagnant. Ses irréductibles soutiens brandissaient son bilan qui est souvent controversé. Cet homme, à en croire ses détracteurs, a conduit la Confédération comme son épicerie. Il soudoie régulièrement certains Présidents des fédérations africaines acquises à sa cause obscure. On parle de celui du Nigéria et du Bénin mouillés jusqu’aux pieds dans les affaires de corruption qui a secoué la FIFA dont l’actuel Président n’a pas digéré le soutien de Issa HAYATOU à son adversaire de l’Asie au cours de l’élection au sein de cette instance suprême du football.

Même si certains continuent de couvrir HAYATOU d’éloges à cause de sa bataille pour le nombre croissant de places de l’Afrique au niveau du football mondial, on ne doit pas se méprendre sur les méthodes machiavéliques et la mauvaise gestion de l’argent de la CAF par cet homme. On se souvient du projet « Goal » à l’époque de BLATTER, lui-même contraint à la démission à cause de son implication dans la corruption au moment de l’octroi de l’organisation du Mondial à certains pays. Le cas de la Russie et du Qatar a défrayé la chronique. En effet « Goal » était un projet qui devrait permettre à chaque fédération africaine de bénéficier d’un fonds pour la construction des infrastructures sportives dans le domaine du football. Malheureusement, ces fonds, selon des indiscrétions, ont plutôt servi à remplir les poches d’Issa HAYATOU et ces Présidents véreux amis du Président inamovible. Ainsi ces fonds ont été purement et simplement utilisés à des fins personnelles. Le cas du Togo à l’époque est patent. Le Président d’alors, Gabriel AMEYI, l’un des fossoyeurs du football togolais aurait extorqué ce fonds dont devrait bénéficier la Fédération Togolaise de Football sans être inquiété parce qu’il était l’ami intime de Issa HAYATOU. Même ce dernier l’a aidé à salir Tata AVLESSI, son successeur dans une rocambolesque affaire de corruption d’arbitre. A l’époque Tata AVLESSI s’était bataillé dur au niveau du Tribunal Arbitral du Sport pour être enfin blanchi, parce que acquitté de cette fausse accusation. Tous ces rappels pour dire que HAYATOU a plutôt instauré une sorte de mafia à la tête du football africain. Tout ce qui le préoccupait, c’est seulement l’argent même illicite, pourvu qu’il piétine ses adversaires pour se le procurer. Enfin, on ne peut pas citer les actes machiavéliques d’Issa HAYATOU sans faire allusion au drame de Cabinda dont l’équipe togolaise a été victime. On a déploré deux morts en l’occurrence feu Stan O’CLOO et l’entraineur AMELETE Abalo et un blessé grave qui est inapte aujourd’hui à cause de sa paralysie due à une balle reçue au niveau du rein.  Il s’agit bien sûr de l’ancien portier des Eperviers OBILALE. Face à ce drame, la réaction d’Issa HAYATOU a surpris plus d’un. Un journaliste sportif français disait à l’époque que le drame dont les Togolais étaient victimes « frottait dans l’air ». Juste pour dire que la CAF était restée indifférente au drame qu’ « aucune conscience humaine ne peut restée insensible », disait l’ancien Ministre Pascal BODJONA, à l’époque, lorsque Issa HAYATOU suspendait le Togo parce que les joueurs avaient décidé d’arrêter la compétition à mi-chemin. Il va sans dire que les joueurs togolais dans cet état psychologiquement abattu, auraient du mal à rentrer dans la compétition. Surtout qu’ils ont vécu une scène abominable et ont perdu certains de leurs compatriotes. Quel cynisme affiché par Issa HAYATOU à l’égard du Togo. Voilà aussi brièvement le bilan macabre de l’ex- grand manitou du football africain qui va commencer déjà par se mordre les doigts, puisque plusieurs de ses complices l’ont finalement lâché, à la fin, pour le bonheur du football africain qui a besoin d’une renaissance. 1988-2017, près de 30 ans déjà que le football africain a souffert de l’égoïsme et du clientélisme d’un seul homme. Trop c’est trop.