Du  1er au 03 avril 2019, la capitale togolaise accueille  des professionnels et  experts en culture pour un séminaire.  Organisée par l’Organisation Islamique pour l’Education, les Sciences et la Culture  (ISESCO), la cérémonie d’ouverture a été présidée par le Ministre de la Culture, du Tourisme et des Loisirs, Kossivi EGBETOGNO.

 « Les savoirs endogènes sont la résultante de la production cognitive de l’homme et de la  femme  qui les ont transmis de génération en génération ». Il poursuit dans ce sens : «  La culture dénote tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps, tout ce par quoi l’homme s’efforce de soumettre l’univers par la connaissance et le   travail, bref, tout ce par quoi l’homme exerce réellement le pouvoir que lui a confère le Créateur sur la nature », a laissé entendre le  Ministre  EGBETOGNO.

Cette rencontre sous-régional de trois jours regroupe  des cadres ayant une expérience professionnelle dans le domaine de la promotion des savoirs endogènes venant des pays ouest-africains  et est encadré  par des formateurs sénégalais et togolais. Elle vise à  étudier et d’échanger sur les possibilités de mettre en valeur la culture et le savoir-faire africain. Initiative de l’ISESCO, elle est une assise de réflexion et une contribution dans la recherche de solutions au problème crucial de la renaissance africaine. Le représentant du Directeur Général de l’ISESCO, Zakarya Mohamed RABANY, disait dans son discours:«Nous avons la conviction que le présent séminaire permettra à ses participants d’approfondir leur savoir et de renforcer leur capacité de mise en œuvre des programmes de valorisation des savoirs endogènes, et d’initier le développement de réseau de communication et de coopération entre pays africains dans ce domaine ».

Depuis des années, les réflexions et la recherche sur les savoirs endogènes se concentrent sur la valorisation du savoir local dans le contexte des projets de développement nationaux pour contrebalancer la faible prise en compte des connaissances endogènes dans les activités de planification, de suivi et d’évaluation des projets de développement. « On peut vraiment dire que l’Afrique  sur beaucoup de choses,  porte sur l’extérieur.  C’est comme si l’Afrique n’avait aucun moyen,  surtout les moyens intellectuels. Mais en tant que Africain, moi je ne peux pas y croire. Je pense que les difficultés actuelles de l’Afrique émanent du fait que nous ne croyons plus en nous. Quand un problème se pose, on fait appel à l’extérieur. On se trompe avec les idées des autres.  Nous, nous pensons que les Africains peuvent offrir une solution : s’ils se trompent, ils se trompent avec leurs propres idées. C’est beaucoup plus facile de rectifier quand on s’est trompé avec ses propres idées qu’avec les idées des autres parce qu’il faudra attendre que les autres rectifient. Vous savez, on a tout essayé depuis les années 60 : le socialisme, le capitalisme, le libéralisme, le socialisme africain, la Présidence à vie, etc,  on a tout essayé, mais ça ne marche pas.  Il  faut qu’on revienne à nos traditions »,  a expliqué le formateur Papa Toumané NDIAYE, Consultant en patrimoine culturel et droit d’auteur.

Il sied de rappeler que les participants sont venus de la sous-région ouest-africaine  à savoir  le Benin,  le Burkina Faso, le Mali,  le Niger et le Togo.

 

Agbémégno DAGBOVI