La nouvelle édition de la prise de la pierre sacrée n’aura pas lieu. Ainsi en ont décidé les autorités traditionnelles et coutumières de l’empire des Guin. Suite à une rencontre intervenue entre le Ministre Lorenzo Madjé et les protagonistes de la crise, aucun terrain d’entente n’a été obtenu. Au cours des discussions, le Ministre de la culture a tendance à soutenir le prêtre rebelle Ayayi Ni-Mantchè. Selon certaines indiscrétions, la sanction infligée à Ni-Mantchè n’a pas  reçu l’assentiment du Ministre. En effet, Guy LORENZO aurait fait signifier aux garants et coutumes et prêtes vodou du   royaume des Guins que Ni-Mantchè ne peut pas être sanctionné, parce qu’il a été décoré par le Président de la République. Ainsi selon l’entendement du gouvernement, un citoyen qui a été décoré par le Président, malgré ses fautes et ses erreurs, ne peut pas être destitué de ses fonctions. Tout porte à croire que le pouvoir s’arroge le droit de s’immiscer dans la tradition des peuples du pays. Cette décision de soutenir Ni-Mantchè, le fauteur de troubles, a poussé les chefs traditionnels et prêtre vodou du royaume des Guin  à suspendre pour cette  année la prise de la pierre sacrée. Donc en clair, l’édition 2016 de cette cérémonie qui ouvre la voie à la fête de Yêkê-yêkê n’aura plus lieu. Aucune cérémonie ne sera organisée à Batchumé, lieu où se déroule chaque année les cérémonies de la pierre sacrée.

Toutefois, les consignes ont été données à toutes les communautés guins de fêter dans leurs localités et dans leurs maisons. Les Chefs traditionnels et prêtres vodou justifient cette décision par le fait que le prêtre rebelle Ni-Mantchè a refusé de remettre la pierre sacrée volée aux communautés détentrices du pouvoir  de la prise de la pierre sacrée. Aussi rappellent-ils au Ministre qui ne voulait pas tenir compte des plaintes des autorités coutumières contre Ni-Mantchè, que les peuples guin ont, une fois, vécu cette situation en 1962, lorsque AÏSSAKA, prêtre usurpateur et feu père du propriétaire de la boutique « Chez Nous » avait été destitué, pour profanation. Et que c’est la même décision, celle de suspendre la cérémonie jusqu’à ce que la pierre ne soit remise, qui a été prise.

Dans cette histoire, il faut avouer que, non seulement, la politisation de la fête, mais également l’argent  provoquent cette crise. En somme, l’usurpation des cérémonies par des personnes qui n’appartiennent pas à la communauté détentrice du pouvoir de la prise de la pierre sacrée constitue la principale cause de cette crise. Les vrais initiés veulent reprendre l’héritage de leurs ancêtres, car disent-ils, Ni-Mantchè qui usurpe le titre du prêtre du couvent fait de ces cérémonies de la prise de la pierre sacrée, un fonds de commerce. Les retombées financières justifient dont il bénéficie justifie son refus d’obtempérer à la sanction à lui infliger par la cour royale des Guin.

Comme le camp de ce prêtre rebelle bénéficie encore du soutien du régime, le vendredi 12 août 2016, même sous le coup des sanctions, les adeptes proches de ce prêtre ont procédé à la cérémonie de « Situtu » (purification) à Zowla, village natal de la mère de Ni-Mantchè, histoire de braver la sanction des chefs traditionnels.

Aux dernières nouvelles, on apprend que l’ancienne Ministre AMEDJOGBE et le Colonel en retraite originaire de Anfoin-Tokpo, TEKO-AGBO, tous deux membres de l’UNIR  et soutiens inconditionnels du prêtre vodou Ni-Mantchè, étaient présents à cette cérémonie présidée par ce prêtre désavoué. Comment vont-elles réagir les autorités coutumières et traditionnelles du royaume des Guin suite à l’entêtement de Ayayi Ni-Mantchè ? Le soutien du régime à ce prêtre contesté et contestable ne contribue- t-il pas au désordre qui remet en cause les valeurs traditionnelles dont s’enorgueillit le peuple Guin il y a bientôt plus de trois (03) siècles?   Affaire donc à suivre.

ADJANOR Anges