La 107e session du conseil des ministres du Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) s’est ouverte ce  mardi 29 Mai 2018  à Lomé en présence des représentants des 79 pays composant cet ensemble.

A  l’ouverture des travaux, le ministre des Affaires étrangères togolais, le Professeur Robert Dussey  a invité les participants à s’interroger avec lucidité sur la présence des ACP dans le monde et sur les raisons d’être de son existence. Il a également souligné l’importance de redéfinir le partenariat avec l’Union européenne, à l’expiration de l’Accord de Cotonou en 2020.

Faisant  référence  aux stoïciens grecs, le  Ministre philosophe,   a mentionné le sentiment d'appartenance commune et de commune dépendance   « qui doit nous inspirer et raffermir en nous la solidarité organisationnelle ».

‘Nous devons aborder les futures négociations avec l’UE en tant que groupe uni, en tant que pôle de responsabilité collective soudé (…) en raison des spécificités propres à chaque ensemble continental, les divergences ne doivent pas avoir raison de notre sens de l’unité’, a déclaré le chef de la diplomatie togolaise.

Dans cette logique, le Togo milite pour le renforcement de la coopération intra-ACP 

 « S’il est vrai que l’unité du Groupe ACP en tant que pôle multilatéral de responsabilité collective ne peut signifier rien d’autre qu’une  unité plurielle, ou mieux, une unité dans la diversité, pour reprendre Jürgen HABERMAS dans son livre Après l’Etat-nation, en raison des spécificités propres à chaque ensemble continental, les spécificités et divergences ne doivent pas cependant avoir raison de notre sens de l’unité », a souligné Robert Dussey.

Le ministre togolais estime que l’unité d’action au rang des ACP aidera sans doute les Etats à faire décroître les inégalités et à faire reculer les frontières de la pauvreté, à faire sortir les Etats et populations de la situation d’inconfort actuelle.

« L’enjeu, c’est la guerre au manque de développement dans nos pays, à la pauvreté absolue et objective. L’état du monde actuel quasiment comparable à l’état de nature de Thomas Hobbes nuit au Groupe des ACP et à leurs populations. Changer cet état insoutenable, voilà ce qui doit être l’objectif de ce cadre de coopération Sud-Sud », a expliqué Prof Dussey.

 

Les participants à la session de Lomé vont plancher lors des travaux sur la révision de l’Accord de Georgetown, sur les préparatifs en vue des négociations du Post Cotonou. Ils examineront et adopteront en outre le mandat de négociation du Groupe ACP.

Faut-il le rappeler, le  Conseil des ministres est la principale instance décisionnelle du Groupe ACP après le sommet  des chefs d’État et de gouvernement.

La session en cours sera suivie, toujours à Lomé, par celle du Conseil des Ministres des ACP-UE.

David Ricardo