La fête du 14 Juillet  a  battu son plein à l’Ambassade de France à Lomé.  En effet ils étaient nombreux,  membres du gouvernement togolais, membres du corps diplomatique,  représentants des institutions de la République togolaise, de la société civile  et des hommes d’affaires à prendre d’assaut  la Maison de la  France à Lomé.     

Pour la circonstance deux importants discours étaient au menu de la célébration.  D’abord celui prononcé par l’Ambassadeur de la République française au Togo, Marc VIZY  et  ensuite la réponse du Ministre Nicoué Broohm de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche,  représentant son collègue des Affaires Etrangères.

Dans son allocution,  le Diplomate français (photo ci-dessus) a fait un survol historique rapide de la date du 14 Juillet. « Cette date commémore la fête de la fédération de 1790, elle-même premier anniversaire de la prise de la Bastille de 1789. C’est donc la célébration d’un acte révolutionnaire et d’un acte d’union nationale. La célébration de la contestation d’un ordre établi ainsi que celle de l’imagination et de la création de nouveaux droits, de nouvelles libertés, de nouvelles valeurs et de nouvelles formes de gouvernement par un peuple prenant en main son destin», a-t-il martelé.

Il  a déclaré que le Président MACRON  attache beaucoup de prix au Togo en particulier et à l’Afrique en général. En témoignent ses nombreux déplacement sur le continent  notamment au Mali,  au  sommet de l’Union africaine à Nouakchott, au Nigéria, à Ouagadougou le  29 novembre 2017 où il  a  redéfini les contours des relations multiples et diverses que la France entretient avec les pays africains. 

Sur le plan  sécuritaire, le Diplomate a salué  l’engagement du  Togo surtout  au sein de la MINUSMA  avant d’honorer la mémoire des casques bleus togolais qui ont perdu leur vie lors des opérations.    

Il  a touché du doigt la  richesse qui caractérise la  coopération entre son pays et le Togo à travers, notamment l’eau, l’assainissement, l’énergie et l’éducation. A cela, vient s’ajouter, dès cet été, « un nouveau projet de formation et d’appui au secteur de l’audiovisuel et des médias au Togo. Les médias, ce 4ème pouvoir et ce pilier de la démocratie, seront ainsi renforcés via des formations mais également un appui à l’encadrement réglementaire des métiers de la presse visant à favoriser la professionnalisation du secteur et la pérennisation de la liberté d’expression, du droit à l’information, du devoir d’informer, et surtout à bien informer. » a encore déclaré l’Ambassadeur VIZY.

 La crise  politique que traverse le Togo n’est pas passée sous silence. « En l’espace de 10 mois, j’ai vu émerger des blocages, des divisions, des violences parfois, mais également des regroupements, des convergences, des propositions de sortie de crise et puis un dialogue.  Il revient aujourd’hui aux facilitateurs de la CEDEAO, la tâche d’opérer la synthèse des événements et discussions de ces derniers mois. Les recommandations issues de ce travail devront permettre l’aboutissement des réformes sur le principe desquelles tous les acteurs s’entendent, mais sur les modalités desquelles les vues peuvent diverger. 

Il n’appartient évidemment pas à la France de se prononcer sur ces modalités, encore moins sur les choix que les Togolais seront les seuls à pouvoir faire mais, comme l’a récemment déclaré le Président MACRON, « le statu quo n’est pas possible »», a –t-il poursuivi.

Par ailleurs il a déploré que « cette crise politique ralentit le développement économique et social que tous les Togolais attendent ». Il urge selon le Diplomate français que  les discussions actuelles en cours au niveau de la CEDEAO puissent « permettre aux Togolais de se rendre aux urnes, le moment venu, pour choisir démocratiquement leurs représentants nationaux et locaux. Il est aussi à noter la volonté, également commune, de faire aboutir le processus de décentralisation et je crois qu’en rapprochant l’administration des populations, c’est la démocratie locale qui sortira renforcée. Les perspectives sont donc encourageantes pour les prochains mois, et la France restera aux côtés du Togo et des Togolais pour avancer ensemble dans nos multiples domaines de coopération», a-t-il conclu.

 Dans sa réponse, le Ministre Broohm (photo ci-dessus) se basant que les valeurs de «  liberté, égalité et fraternité » qui fondent  la république française, a salué la bravoure « d’un peuple ami, qui malgré ses douleurs  dans l’épreuve de la haine et de la barbarie, continue de résister aux chants des sirènes de la division sociale ».

Il a évoqué par ailleurs les liens étroits qui existent entre le Togo et la France dans le domaine économique en ce qui concerne le  programme triennal de Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI dont les décaissements  permettront la mise en œuvre des politiques économiques de croissance durable et inclusive ; dans le domaine de la gouvernance, la présence de l’Agence Française de développement est saluée par le  Ministre.

Aussi a-t-il témoigné sa gratitude au peuple français dans le  domaine sécuritaire et de la défense avec  des formations au personnel militaire.

Sur le plan politique,  le Ministre Broohm, a,  déclaré que « le gouvernement, réaffirme son engagement ferme et résolu à jouer sa partition pour l’aboutissement des réformes dans le cadre du dialogue en cours sous l’égide de la médiation ghanéenne et guinéenne.»

Il sied de rappeler que la fête a été rendue possible grâce à la magnanimité des entreprises françaises opérant sur le territoire togolais dont Bolloré, BB Lomé, COTECNA, EIFFAGE et bien d'autres. Le diplomate a témoigné sa gratitude à toutes ces sociétés. 

David Ricardo

                        De gauche à droite, les Diplomates Américain, Ghanéen et Egyptien