La CEDEAO se montre de plus en plus fébrile  dans la résolution de la crise qui secoue le Togo depuis le 19 août 2017. Les travaux de ce 11 septembre entre comité de suivi de la feuille de route de la CEDEAO et les protagonistes de la crise sont terminés en queue de poisson  puisque le pouvoir et l’opposition n’arrivent pas à s’entendre  sur la question de la composition de la CENI.

Le chronogramme d’exécution de la feuille de route promis le 08 Août 2018  par le Président de la Commission de la CEDEAO,  Jean-Claude BROU, n’est finalement sorti.  Aussi, le pouvoir en place n’affiche pas une bonne volonté d’en finir avec cette crise qui perdure.  « Nous sommes là et ceci pour longtemps.  Vous ne pouvez rien contre nous. » lançait  l’honorable  Tsegan  point focal du parti Unir au dialogue à l’endroit de la C14. Déjà lors de la première journée, le ministre Bawara avait annoncé les couleurs du blocage en affirmant qu’ils ne participeront « pas à des tentatives de relance d’un  dialogue ».

Tous comme les dialogues précédents qu’avaient  connus le Togo,  celui ouvert depuis  le mois de février 2018 connait déjà des échecs. Et pour cause, la question de la composition de la CENI divise les protagonistes. Dans cet imbroglio, la CEDEAO qui n’a jamais été au-dessus des mêlées  dans une crise  au Togo, annonce l’arrivée des experts pour appuyer  la CENI décriée par l’opposition  dans le processus  électoral en cours.  Eu égard à ce nouveau blocage,  Me Yaovi Agboyibo, président du Comité d’Action pour le Renouveau  et membre de la C14, dénonce le manque de volonté  à trouver une solution au problème de la CENI. «  A un moment donné, j’ai failli quitter la salle. Mais nous sommes dans un groupe organisé  et qu’il a été convenu de montrer notre mécontentement  si la question n’a pas été abordée, j’ai  gardé mon calme en espérant que  ceux  que nous avons placé à la tête donnent le ton. Mais cela n’a pas été le cas» a-t-il laissé entendre.

 A la C14, il est clair que la résolution de la crise ne viendra pas d’une quelconque facilitation. «  Ce n’est pas du côté de la facilitation qu’il faut poser le diagnostic. Il est temps que nous-mêmes, en tant qu’opposition, sachons  ce que nous voulons et que nous puissions le démontrer à travers nos gestes. Mais globalement, j’ai le sentiment que nous sommes dans un marché de dupes », a poursuivi Me Agboyibo. 

Pour le président du CAR, le relevé de conclusion devant sanctionné la réunion  du comité de suivi laisse croire que la CEDEAO  cautionne ce que fait actuellement la CENI. Il pense que cela risque d’envenimer la  situation politique tendue dans le  pays depuis le 19 août 2017.

A chaque fois qu’il y a une crise politique au Togo, la CEDEAO s’affirme comme un syndicat de chefs d’Etat prêt à aider un camarade en difficulté, même si le président Alpha Condé de la Guinée pense le contraire. Les Togolais se souviennent encore  de 2005 quand la CEDEAO,  alors dirigé par le président Mamadou Tandja du Niger, menaçait l’opposition togolaise de les envoyer à la CPI. Il est grand temps pour  que l’opposition togolaise  pense  autrement.

 

Eyram Akakpo