Dans un monde complètement globalisé, où les intérêts semblent  uniquement gouverner les relations de partenariat et de coopération, et devant les critiques radicales faites sur l’efficacité de «l’aide  publique», les acteurs au développement demeurent condamnés à réfléchir pour agir et non subir afin de tirer le meilleur des coopérations  bilatérales au profit du contribuable. C’est ce qu’on peut retenir  d’essentiel de la 6ème soirée de rencontre conviviale du Club  Diplomatique de Lomé (CDL) tenue le 02 septembre 2016 à l’hôtel  Sarakawa de Lomé. L’oratrice d’honneur la Représentante Résidente du PNUD et Coordinatrice des activités du Système des Nations Unies au Togo, Khardiata Lo N’DIAYE s’est donnée la peine d’analyser et de  développer succinctement le thème du jour, « aide ou partenariat au  XXIème siècle, entre idées reçues et paradigmes ».

Hommes politiques, diplomates, ambassadeurs, représentations  d’organisations internationales et universitaires,  tous étaient  présents à cette rencontre-dîner organisée  par le Chef de la Diplomatie togolaise,  le Professeur Robert DUSSEY. Une occasion encore pour échanger ou « parler  simplement entre acteurs» ayant des analyses et des expériences personnelles. Après avoir ôté sa casquette d’Ambassadrice  et Coordinatrice du Système des Nations Unies au Togo», Khardiata Lo N’DIAYE a présenté l’historique de l’aide publique dans le monde. En partant de la période pré-guerre de 1939, avec le développement des  politiques d’aide bilatérale dont le Plan Marshall, elle a présenté  les formes que l’aide publique a prises dans les années d’indépendance  de l’Afrique où l’aide fut perçue comme «instrument privilégié» pour soutenir la croissance des pays en développement ainsi que celles  axées sur la sécurité et la paix des années d’après l’attentat du 11 septembre 2001 à  Wall Street aux Etats-Unis. Les Objectifs du  Millénaire pour le Développement (OMD) et les Objectifs de Développement Durable (ODD) n’en sont pas du reste en ce qui concerne  l’aide publique qui est accompagnée ici par une «politique complexe» consacrée à la lutte contre la pauvreté de masse.

Selon l’oratrice, l’aide publique parait aux yeux de certains analystes, très  insuffisante, peu efficace ou carrément, comme «un gaspillage d’argent  du contribuable» ou encore de façon plus radicale, comme la cause de  la pauvreté des pays du Sud et surtout d’Afrique; ce qui suscite  d’ailleurs les interrogations multiples sur les objectifs de l’aide publique, son efficacité et surtout ses fondements juridiques, moraux  et humanitaires. A qui profite l’aide publique ? Aux donateurs, à leurs entreprises, promeuvent-ils réellement le développement? Autant de questions qui ont enrichi le débat lors de ce 6ème rendez-vous du Club  Diplomatique de Lomé.

Pour le Ministre de la Fonction Publique Gilbert BAWARA qui a pris   part aux discussions, tout porte à affirmer que les donateurs ne visent plus, non seulement à contribuer au développement des pays du  Sud mais aussi et surtout « à préserver leur clientèle ». Il préconise  d’ailleurs pour le bien-être de l’Afrique que « chacun sache où  se situe son intérêt afin de le défendre».

L’ambassadeur d’Egypte au Togo reste quand à lui optimiste, positif et insiste  sur la promotion de la coopération Sud-Sud qui consiste  à développer des relations de soutien, de collaboration entre les pays en voie de développement. « Ces coopérations qui paraissent aujourd’hui plus prometteuses et porteuses de très  grandes valeurs de solidarité », a déclaré le diplomate égyptien.

Avec la globalisation ou encore la mondialisation des affaires  internationales où l’autarcie serait une politique inconcevable pour les pays, Khardiata propose aux pays du Sud, précisément à l’Afrique,  de se prendre en mains sur une scène  internationale marquée par des relations d’intérêts débarrassées de  moralisme. C’est ainsi qu’elle parle de « clarification des fondements  idéologiques, politiques et économiques » quand le business et  l’humanisme sont  les enjeux d’une relation diplomatique.

Au-delà de tout ceci, elle propose aux africains « d’apprendre à bâtir pour leurs progénitures… Nous ne pouvons passer notre temps à  détruire ». Il faut que  l’Afrique se développe elle-même en misant le plus sur ses propres  ressources car disait-elle, « les pays qui ne prendront pas en main leur développement auront toujours à subir les agendas qui ne sont pas  les leurs» avant de conclure en affirmant que « l’aide n’est pas  nécessairement l’unique moyen de développement ».

Pour clore la 6ème soirée du Club Diplomatique de Lomé, le porteur de  cette initiative majestueuse, Robert  DUSSEY a annoncé le prochain  rendez-vous pour le mois de novembre juste après le Sommet  extraordinaire de l’Union Africaine sur la sécurité maritime qui se tiendra en  Octobre. Le Président de l’ordre des pharmaciens du Togo sera l’invité d’honneur pour édifier les invités sur  la  question des  faux médicaments en  Afrique.

                       Mme Khardiata Lo N'diaye et Pr Robert DUSSEY
On reconnaît Monsieur Saturnin EPIE, Représentant Résident de l'UNFPA au Togo (en bleu)