Washington fait part de son inquiétude face au niveau de violence  au Togo  après des semaines de crise, le Département d’Etat s’est dit préoccupé par un recours excessif à la force de la part des forces de sécurité. Dans une déclaration de la porte-parole du Département d’Etat, les Etats Unis se disent profondément préoccupés  par l’escalade de la violence et les restrictions de la liberté d’expression et de réunion au Togo liées aux manifestations sur les réformes constitutionnelles.

Les Américains affirment être particulièrement préoccupés par les informations faisant état de recours excessif à la force par les forces de sécurité, ainsi que des groupes de vigilance parrainés par le gouvernement qui utilisent la force et la menace pour perturber les manifestations et intimider les civils. Autre critique de Washington, la décision du gouvernement togolais de restreindre les manifestations pendant la semaine de travail et d’arrêter un imam éminent dans la ville de Sokodé. Les Etats Unis appellent le gouvernement togolais à défendre les droits de ses citoyens en  leur donnant leur liberté d’expression, de réunion pacifique et de liberté sur internet. Les Etats-Unis encouragent le gouvernement et l’opposition à engager un dialogue sans conditions  préalables, ce qui est la seule solution à l’impasse actuelle.

Faure Gnassingbé, a succédé en 2005 avec le soutien de l’armée à son père le Général Gnassingbé Eyadema décédé après avoir dirigé le pays d’une main de fer pendant 38 ans. Faure Gnassingbé a été réélu à deux reprises lors des scrutins contestés. De son côté, le président Ivoirien Alassane Ouattara a évoqué la situation au Togo en marge d’une réunion de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest à Niamey au Niger.  Mr Ouattara a déclaré sur la VOA Afrique, que la CEDEAO condamnait la violence au Togo. « Nous condamnons la violence, quelle que soit l’origine de la violence, donc les manifestations doivent pouvoir se faire mais de manière pacifique. Ça c’est le 1er point. Le 2ème point, nous estimons qu’il faut des négociations car il y a des institutions au Togo et ces négociations doivent aboutir à des modifications constitutionnelles qui sont déjà engagées, c’est-à-dire la limitation à deux mandats et la question de l’élection ou la majorité absolue doit être constatée au 1er tour. A défaut de quoi, il faut un 2ème tour. Et la 3ème chose,  c’est de faire en sorte que toute personne responsable de violence soit sanctionnée et la CEDEAO n’hésitera pas à prendre des mesures rigoureuses dans ce domaine. Alors considérons que le Togo doit avoir un climat de paix, nous encourageons les Togolais à trouver la meilleure voie nécessaire dans les propositions qui sont déjà faites. Ce sont des propositions qui permettent d’avoir plus de démocratie au Togo. »

Source : VOA