« Les transitions politiques pacifiques ne sont  plus négociables  en Afrique de l’Ouest ». C’est en substance ce qu’a déclaré  jeudi dernier le  numéro 1 nigérian, Muhammadu  Buhari (en photo) qui recevait les lettres de créance du  nouvel ambassadeur du Togo au Nigéria.  

En effet, c’est un secret de polichinelle de dire que depuis le 19 août 2017, le régime de Faure Gnassingbé est soumis à une contestation  sans précédent  tant à l’interne  qu’au sein de  la diaspora.  Seul pays en Afrique de l’Ouest à ne pas connaitre l’alternance depuis 51 ans, le Togo se présente comme une anomalie dans l’espace CEDEAO en matière de démocratie. Recevant le nouvel ambassadeur du Togo au Nigéria, en la personne de Lene Dimba, le président nigérian Buhari qui craint une dégénération de la crise politique qui pourra se déborder sur les autres Etats membres de la CEDEAO, a affirmé qu’ au sein de la CEDEAO, il travaille  « à consolider  les relations afin d’assurer la paix  et la prospérité  pour  des futures générations » avant d’ajouter que cela ne pouvait se faire qu’à la condition d’une « transition pacifique ».

Le président nigérian s’était  déjà prononcé sur la crise togolaise  au cours du sommet Europe/ Afrique  qui s’était  tenu  fin novembre  dernier à Abidjan en affirmant que « l’instabilité au Togo aura des conséquences  régionales  et nous devrons payer le prix du développement ». Il a l’a également réitéré lors du sommet de la CEDEAO tenu à Abuja à la mi-décembre 2017.

Il sied de rappeler  que Faure Gnassingbé arrivé au pouvoir en 2005 après un coup d’Etat constitutionnel  suite au décès de son père  Eyadema. Il  est en train de briguer  actuellement  dans son 3ème mandat et n’a jamais mis en pratique aucun accord avec son opposition sur les réformes depuis son arrivée au pouvoir. Il  ne fait que dribler ses adversaires politiques et narguer la population qui attend désespérément une alternance depuis plus de cinq décennies.

Eyram Akakpo