Encourager les opérateurs économiques à s'engager dans l'agriculture. Telle est l'objectif fixé par le Conseil National du Patronat (CNP) en regroupant à son siège à Lomé ce 27 septembre 2018  les investisseurs.

"Si nous ne le faisons pas, les étrangers vont le faire" ; tels sont les mots employés par Meba Germain, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo (CCIT) pour décrire la réticence des opérateurs économiques nationaux à investir dans l'agriculture, laissant la voie libre aux étrangers.

L'agriculture togolaise aujourd'hui emploie  près de 70% de la population. Mais, elle demeure une agriculture de subsistance. Le problème est d'orienter cette agriculture subsistantielle vers une agriculture de marché. Pour y arriver, plusieurs défis sont à relever: de la mécanisation à la structuration du monde paysanne  en  passant par l'irrigation et la mise en place des écoles de formations en agriculture et des centres de recherches. Aujourd'hui, bien qu'elle  n'est pas développée, l'agriculture contribue au PIB à hauteur de 40%. Ce qui donne une idée de ce qu'est le secteur si réellement il était plus structuré. "...65% de la population active est dans le  secteur agricole avec 0,3% d'investissement de crédit bancaire alors que ce secteur apporte jusqu'à 25% de la création de richesse dans le pays. Quand vous prenez un autre secteur comme le tertiaire dans lequel les banques investissent plus de 60% de leurs revenus pour impacter difficilement 40% de la création de richesse dans le secteur. Cela signifie tout simplement qu'il y a un gap important qu'il faille  absolument valoriser. Et valoriser les matières premières sur le territoire national veut dire que nous fixons sur le territoire la problématique de l'emploi qui va nous permettre de générer davantage de revenus pour  que les populations puissent vivres dans des conditions beaucoup plus acceptables. Cela va forcément entraver une amélioration de la consommation, de l'investissement, de l'épargne et donc amener vers une croissance plutôt régulière dans des secteurs  qui jusqu'à présent sont porteurs mais peu connus", a  expliqué Thierry Awesso,  Vice-président du Conseil national du patronat (CNP) par rapport aux avantages qu'offre l'agriculture.

A travers un  exposé devant les opérateurs économiques, le vice-président du CNP-Togo a démontré les opportunités d'affaires qui s'ouvrent sur le secteur agricole. Raison pour laquelle le privé s'est engagé à soutenir le gouvernement pour relancer le tissu  de l'employabilité au niveau du secteur agricole.

Pour encourager les opérateurs économiques à s'intéresser au secteur agricole, le gouvernement  a  déjà pris certains mesures incitatives entre autres l'adoption d'un code foncier, l'aménagement agricole, la mise en place des agropoles, le projet MIFA, PASA et bien d'autres. Il faut aussi noter les opportunités d'investissement au niveau de la mécanisation, la maîtrise de l'eau et la transformation des produits. Quand au CNP, à travers une étude, celui-ci a élaboré un guide et mis  à  la  disposition des opérateurs désireux d'investir dans le secteur agricole. M. Awesso disait à  propos de ce guide : " Il va susciter des investissements dans un secteur qui est assez peu connu et dans lequel le potentiel est aujourd'hui extrêmement important ". Comme cela ne suffisait pas à Laurent Coami TAMEGNON,  Président du CNP de renchérir: " Quand vous êtes un investisseur national, vous voulez vous intéresser à l'agriculture, vous ne savez pas par quel bout vous allez commencer, qu'est ce qui se fait dans l'agriculture ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Quels sont les avantages possibles? Donc ce guide retrace tous ces éléments qui permet aujourd'hui à quelqu'un qui a les moyens et qui veut les mettre dans l'agriculture,  de ne pas du tout avoir des problèmes de compréhension. Il a directement tous les éléments à sa disposition pour la réussite de son entreprise ", a-t-il conclu.

 

Désiré DAGBOVI, stagiaire