L’un des secteurs clés de l’économie togolaise qui se trouve être le commerce connaît en ces périodes de crise sanitaire d’énormes difficultés. Dans les marchés de Lomé, les revendeurs et commerçants souffrent de la mévente. Une situation qui engendre des abandons de commerce et des dettes.

Le secteur le plus touché par la crise sanitaire due au covid19 reste celui de l’économie. Dans les marchés de Lomé, l’affluence n’y est pratiquement plus. Les commerçants derrière leur étale, attendent désespérément des éventuels clients.

Au marché de Hédzranawoé, considéré comme le plus grand dans la vente de friperie dans la capitale Lomé, les commerçants nigérians principalement les Ibo, s’inquiètent de la situation actuelle qu’ils vivent dans le marché.

« Les lundis et jeudis  sont les jours où nos commerces marchent le plus. Mais depuis février rien ne va. Nous venons au marché les matins et nous repartons le soir sans qu’aucun client ne vienne nous visiter ou demander le prix de ne serait-ce qu’une sandale; la situation est vraiment difficile », reconnaît Emezue, commerçant nigérian au marché de Hédzranawoé.

Un peu plus loin, Sunday, pense que la mévente est le fruit d’une désinformation de la population : « certains clients disent que nos marchandises proviennent de l’Asie et de l’Europe donc ils risquent une contamination au covid 19. Nous ne vendons plus et plusieurs de nos frères sont rentrés même avant la fermeture des frontières », a-t-il laissé entendre.

Pour ces commerçants de friperie, ceux qui s’en sortent un peu mieux en ce moment de crise sanitaire sont ceux qui vendent les vivres. « Qui va choisir porter de beaux habits et mettre de jolies chaussures dans un temps de crise économique?», nous a lancé d’un ton d’humour un commerçant de maillot.

De l’autre côté aussi, les revendeuses de vivre affirment connaitre la même situation de mévente.

« Les gens pensent qu’avec le couvre-feu et le confinement nos activités vont marcher mais ce n’est pas le cas. Nous ne vendons pas. Le marché a parfois l’air d’un cimetière. Certains viennent demander le prix des articles mais n’ont malheureusement pas les moyens pour les payer. La situation est compliquée partout», a laissé entendre Mme Kayi, revendeuse de céréale.

« Les quelques clients qui viennent nous regardent comme si nous étions à la télé. Ils nous regardent en téléspectateurs. C’est difficile de nourrir nos enfants dans cette condition. Ça ne marchait pas trop avant l’avènement du coronavirus ; imaginez  ce que nous vivons maintenant en pleine crise sanitaire où certains ne vont plus au travail. Comment pourraient-ils s’acheter des choses s’ils n’ont pas de revenus»? Se questionne Mme Nadjombé revendeuse de tubercules.

Au marché de Kégué, situé en face du stade de Kégué, le constat est le même. Là aussi, les commerçants crient leur ras-le-bol. « A cet allure, je risque de fermer ma boutique. Les clients sont rares et parfois inexistants. Comment ferais-je pour payer le loyer, les enfants qui m’aident et subvenir à mes propres besoins ? » S’indigne une gérante d’alimentation générale au marché de Kégué.

« Il n’y a pas d’acheteurs en ces moments. Certains me disent que l’heure n’est pas au manger de la viande », affirme un boucher.

Pour les acheteurs l’explication n’est autre que la cherté des produits par rapport à leur revenu et la durée indéfinie de la crise sanitaire. « Nous ne savons pas quand prendra fin cette situation. Il faut savoir dépenser pour ne pas mourir de faim. Aussi, les choses sont très chères sur le marché. Tu as envie de les acheter mais les moyens te manquent», affirme Anita, couturière, venue acheter des condiments au marché de Kégué.

Les autorités doivent être plus engagées économiquement pour soutenir les commerçants dans cette grave crise sanitaire étant donné qu’au Togo, le secteur informel occupe une grande partie de la population.

Eyram AKAKPO