Les 22 et 23 février 2018, la Cellule  Climat d’Affaires (CCA) a organisé à l’endroit des journalistes un atelier. L’objectif pour le gouvernement, c’est d’associer les hommes de médias à la mise en œuvre des réformes visant l’amélioration du climat des affaires au Togo. Des journalistes outillés seront en mesure d’informer l’opinion sur les réformes en cours en vue d’attirer les opérateurs économiques à créer dans un délai court leurs entreprises et sociétés sur le territoire douanier togolais. Une initiative combien louable qu’il faut saluer lorsqu’on sait qu’autrefois la création d’entreprise restait un parcours de combattant à cause de la lourdeur de l’administration, du coût et surtout du problème foncier avec l’obtention du permis de construire difficile, l’accès au crédit à la banque dont les conditions n’étaient pas supportables  et l’accès difficile à l’électricité aux grandes entreprises . Aujourd’hui, il suffit d’une journée au Centre de Formalités des Entreprises (CFE) pour achever ses démarches et créer son entreprise.  

Des réformes alléchantes qui en principe attireront des investisseurs à installer leurs entreprises au Togo. Cependant, tout porte à croire que les conditions dans lesquelles les ouvriers togolais sont et seront  embauchés dans ces structures ne sont pas suffisamment prises en compte. Oui à l’amélioration du climat des affaires au Togo, mais l’autre défi à relever demeure les conditions de travail et de vie des ouvriers togolais qui provoquent souvent l’indignation. Ces conditions parfois inhumaines révoltent ces ouvriers qui organisent à travers leurs organisations syndicales des grèves au sein de leurs unités de production. On a l’impression que ces réformes favorisent plus les opérateurs que leurs ouvriers. Lorsque la grille salariale proposée par les opérateurs étrangers serait remise en cause par certaines autorités administratives ou militaires du pays en défaveur de leurs concitoyens togolais car ces derniers privilégient  leurs profits, il est évident que ces réformes laissent pour compte des travailleurs togolais. Ces barons suceront sur le dos des Togolais comme auparavant, car ils bénéficieront des commissions auprès de ces opérateurs économiques. Tout comportement mercantile qui  aura des retombées sociales sur la vie des ouvriers, car ces derniers n’auront plus un travail décent et un salaire raisonnable. Dans ce cas, on peut s’interroger sur les réformes en cours qui ne mettent pas au centre le bien être des Togolais. Certes ces réformes permettront à la  création d’emplois. Mais on s’interroge sur la nature de ces emplois qui risquent de déshumaniser les Togolais comme toujours, car ces derniers continueront à travailler dans ces entreprises comme des esclaves.

Par ailleurs, les réformes toucheront également le raccordement au réseau électrique. Selon les dispositions en cours, les opérateurs économiques qui veulent créer leurs entreprises au Togo n’auront pas de difficulté pour avoir de l’électricité. Le délai et le coût sont réduits. Une innovation très appréciée lorsqu’on sait que l’énergie électrique est la base du fonctionnement de beaucoup d’entreprises. Toutefois, l’autre défi reste l’extension du réseau  au niveau de la population riveraine qui se trouve dans la zone où sera installée une entreprise ou une usine. Il est parfois désolant de constater que seules les résidences des cadres de l’entreprise qui bénéficient du courant électrique alors que les localités environnantes restent dans l’obscurité. Un spectacle déplorable qui explique davantage l’injustice sociale caractérisée par le fossé entre les riches et les pauvres du pays. Est-ce que les réformes en cours prendront en compte cet aspect de la chose?

En définitive, les Togolais s’accordent à dire oui aux réformes pour l’amélioration du climat d’affaires au Togo, parce qu’elles permettront la création d’emplois aux jeunes. Mais l’autre défi à relever, comme certains Togolais le clament, c’est la décrispation de l’atmosphère politique, car, pensent-ils, aucun investisseur ne viendra investir au Togo malgré ces réformes alléchantes si d’aventure, la situation politique reste instable. Les acteurs politique doivent tout mettre en oeuvre afin que la situation soit décrispée et que l'économie reprenne son élan.

ADJANOR Anges