Pour lutter efficacement contre la propagation du coronavirus, le gouvernement togolais depuis le 20 mars, a opté pour la fermeture de tous les établissements scolaires privés et publics du pays. Conscient des conséquences que peut engendrer cette situation sur le quotidien des Togolais, l’Etat a pris certaines mesures pour soulager les couches vulnérables qui malheureusement ne touchent pas les enseignants des écoles privées.

Rien ne va entre les enseignants des écoles privées du Togo et les promoteurs de ces écoles. En effet, depuis l’annonce de la fermeture des établissements scolaires et universitaires  au Togo, nombreux sont ces enseignants qui n’ont pas touché leurs salaires  jusqu’à ce jour. « Nous sommes dans les établissements, nous savons que les fondateurs ont pu boucler au moins 85%  des écolages, nous ne savons pas si c’est de la mauvaise foi,   nous ne savons pas pourquoi ces fondateurs ne veulent pas nous payer de salaires»,   a  déclaré M. Abovi Yao Tétégnon, président du Syndicat national des enseignants des établissements privés et instituts du Togo. Face à cette situation précaire, la coordination des enseignants des écoles privées ont lancé un appel à l’aide aux fondateurs et au gouvernement afin qu’une solution leur soit trouvée.

Ce 12 mai 2020, des regroupements de fondateurs d’école ont rencontré les autorités éducatives afin de trouver une issue favorable aux enseignants.

« Nous avons relevé l’incapacité des fondateurs à l’heure actuelle, à assurer les salaires aux enseignants  étant donné que les écolages ne sont plus perçus et que nous ne savons pas jusqu’où l’année scolaire sera prolongée»,  lit- on dans le  rapport de la rencontre.  Le ministre après avoir fait l’état des lieux des efforts fournit par le gouvernement suite à la pandémie du covid-19, a indiqué « le contenu d’un plan d’action du Ministre des enseignements primaire et secondaire  soumis au gouvernement  prenant en compte l’assistance financière aux enseignants du secteur »,  poursuit le rapport.  Aussi, souligne  le ministre, des dispositions pourraient être prises pour doter  chaque élève de masques  et chaque classe de dispositif de lave-main avant la réouverture des classes.

«L’année scolaire ne sera pas blanche et tout sera fait pour que les enseignants soient soutenus dès qu’il y aura de la liquidité », a soutenu le ministre.

« Nous avons demandé au ministre de rencontrer les représentants des enseignants pour les rassurer et leur demander de garder patience », conclu le rapport.

Ce compte rendu n’a pas été du goût des enseignants des écoles privées qui n’ont déjà pas été payés  depuis un certain temps.  La Coordination des Syndicats des Ecoles Privées, dans un communiqué se dit consternée et indignée par le compte rendu de la rencontre de la délégation des fondateurs d’écoles privées avec le Ministre des enseignements primaire et secondaire qu’ils ont d’ailleurs lu sur les réseaux sociaux.

Pour ces enseignants, cette rencontre au lieu de débloquer la situation et permettre de trouver une solution efficace n’a accouché que d’une souris. Pour eux, la rencontre des fondateurs avec le ministre n’a été qu’une visite de courtoisie alors que la situation est très grave et préoccupante.

« L’urgence pour les enseignants ne consiste pas dans les dispositions à prendre pour doter chaque élève de masque, ni à savoir si l’année sera blanche ou non. Mais l’urgence, c’est de trouver une solution pour permettre aux enseignants de survivre pendant cette crise liée au covid-19 », indique leur communiqué.

Selon les enseignants des privés, il est clair que les fondateurs d’école veulent se soustraire à toutes leurs responsabilités en se réfugiant derrière le ministre. « Pourquoi lui demander de nous rencontrer pour nous rassurer  et pour que nous gardions patience ? Eux-mêmes, ne peuvent-ils pas nous rencontrer?»,  s’interrogent  les enseignants des écoles privées.

La coordination appelle les fondateurs d’établissements à prendre leurs responsabilités en tant qu’employeurs et à honorer leurs engagements issus des contrats de travail les liant aux enseignants. Elle exige en substance le versement  immédiat et sans conditions des salaires en cette période de covid-19.

Eyram AKAKPO