Avant les années 90 les élections en Afrique ont toujours été émaillées de fraudes suivies de violences. Mais à l’avènement de la démocratie, les pressions populaires ont généré un besoin pressant d’installation d’une institution indépendante afin de garantir une élection transparente acceptée par tous. C’est ainsi que la Commission Election Nationale Indépendante (CENI) a apparu. Cependant, plus de 25 ans après sa mise  sur pied, son efficacité demeure hypothétique. Or les élections libres demeurent la pierre angulaire du processus électoral, d’où la conduite des processus par les administrations indépendantes.

Si au Ghana, la Commission électorale réussit sa mission, cela  paraît être le contraire dans presque tous les autres pays africains, surtout francophones.  C'est justement ce qui nous amène à nous interroger si  les commissions électorales sont-elles devenues un mythe ou une réalité ?

Dans le cas du Togo, la CENI est encore sujette à caution. L’attribution même de cette CENI n’est pas clairement définie. Elle est une catastrophe. L’interférence politique, le manque d’indépendance voulue ou acceptée liée à sa composition surtout politique sont quelques-uns des obstacles.  De plus, la corruption s'invite au jeu pendant les travaux de la CENI. Conséquence,  les représentants du parti au pouvoir au sein de la CENI sont obligés de faire le desiderata de leur mentor. Pis, le Président de la CENI, sous les coups des bottes,  accepte des résultats tronqués qu’on lui amène dans une chemise. Toute chose qui démontre la non indépendance de la CENI au Togo.

A ces causes,  s’ajoute le refus d’alternance par le pouvoir en place. Par conséquent, les adversaires politiques surtout de l’opposition refusent de reconnaître leur défaite. Parfois, c’est l’armée qui  procède à une "annexion" du siège de la CENI: des militaires cagoulés étaient alors derrière le Président de la CENI afin de le contraindre à proclamer un suffrage en faveur du candidat du pouvoir dont l’armée est le soutien inconditionnel.

En somme, nombre de  Togolais ne font  pas la confiance à la CENI actuelle composée des politiciens et parfois de pseudo-acteurs de la société civile. De plus en plus de voix s'élèvent pour exiger soit composée des hommes de Dieu. Mais encore faudrait-il que tous les hommes de Dieu aient la crainte de Dieu.

En définitive, certains proposent une constitution régionale qui prévoit une commission électorale régionale. Celle-là organisera des élections d’un pays à un autre. Si les élections ont été acceptées en Guinée Conakry,  c’est que l’UEMOA et la CEDEAO sous la houlette du général  Sangaré a agi en toute  impartialité. Pourquoi l’ONU n’organise t- elle pas les élections au Togo comme en 1958? Aujourd’hui, il est plus que sûr, que la mise en œuvre de la feuille de route tracée  par la CEDEAO pose problème parce que les réformes concernant la CENI au point 38 ne sont pas clairement définies: « …revoie la CENI pour qu’elle soit inclusive (….) » fait l’objet de diverses interprétations d’un camp comme de l’autre. Dans ce cas, on tend vers une autre impasse, alors que le bon sens voudrait que cette institution soit revue entièrement  dans un souci  d’apaisement politique afin de garantir des élections libres, transparentes et acceptées par tous.

Un autre couac, les textes qui régissent le cadre électoral posent  d'énormes problèmes.

De toutes les façons, dans un pays où la misère a droit de cité, il est difficile d’avoir une CENI indépendante. Pour éviter des tiraillements sans fin entre le pouvoir de Lomé et la Coalition de l'opposition et par ricochet la longue attente des populations, l'idéal serait de mettre ces acteurs politiques à la touche et former  une équipe de religieux ayant la crainte de Dieu pour faire sortir la vérité des urnes, puisqu'après tout c'est de cela qu'il s'agit. 

Plus rien d'autre.  

ADJANOR Anges