Tout vient à temps à qui sait attendre. Les Togolais ont très longtemps attendu et tout porte à croire que le Togo va  connaître un changement notoire après les prochaines législatives.

Il est vrai que le parti  présidentiel RPT-UNIR, est une formation politique à laquelle il ne faut pas faire entièrement confiance. Il a plusieurs fois violé en flagrant délit ses engagements. C’est vrai, mais une chose est sûre,  le RPT-UNIR a changé son leader ou guide et subi certaines mutations superficielles en son sein.  Le fait est palpable et nous démontre que le RPT d’hier  n’est pas celui d’aujourd’hui et certains osent croire qu’une marche arrière n’est plus possible pour ce parti. En d’autres termes, des gens osent croire que les élections à venir pourront être plus fiables  que celles que le Togo a  connues de par   le passé. Au cas où le pouvoir RPT-UNIR soutenu techniquement par la CEDEAO permettrait la bonne organisation de ces élections, beaucoup de bouleversements  peuvent  survenir  dans la vie politique au Togo.

Si tout se passe bien le 20 décembre 2018, les résultats risqueraient d’être très serrés pour les cinq  grands partis à savoir: ANC,  FDR,  CAR,  PNP et  UNIR.

Ceci parce que le mode de scrutin actuel, il est quasi impossible à un seul parti de sortir majoritaire à l’issue de scrutin. C’est donc dire que des coalitions s’imposent forcément pour pouvoir former une majorité parlementaire. Et c’est là que nous vivrons peut-être des surprises désagréables. Le problème est que les deux plus grandes formations politiques de l’opposition à savoir le PNP et l’ANC affichent chaque jour le caractère incompatible   à s’entendre en vue  de former  une coalition. Avant l’ANC gardait  toujours  sa fermeté à ne s’associer avec personne par crainte de trahison, aujourd’hui le parti reste inflexible encore sur cette position, alors que le contexte a changé et cette raison n’est plus convaincante. Aujourd’hui, les dirigeants de ce parti évoquent la raison du chef de file de l’opposition, s’il s’associe avec les autres de la coalition C14. «Si nous allons aux élections législatives sous la bannière d’un seul logo ou d’une coalition, comment pourrait-on dégager le chef de fil de l’opposition?»,  s’interroge -t- on dans  l’ANC qui maintient sa position de leadership. Or l’enjeu aujourd’hui, c’est que pour permettre à l’opposition de faire les réformes en profondeur  selon les aspirations de la majorité du peuple, il est urgent  et indispensable que la C14 ait  la majorité absolue des sièges à la prochaine assemblée. L’heure n’est plus d’aller à ces élections en rang dispersé de peur de prêter le flanc au parti au pouvoir RPT-UNIR de récupérer la situation politique en raflant la majorité des sièges.

Il est évident que ni le RPT-UNIR, ni l’ANC, ni le CAR, ni le FDR, ni le PNP ne peuvent constituer  tout seul un parti majoritaire. Dans ce cas, nous risquons de vivre un grand revirement politique au Togo.

L’une des hypothèses la plus surprenante, est le schéma actuel des tendances par rapport aux partis politiques prétendus de l’opposition présents dans le gouvernement de Faure Gnassingbé en l’occurrence l’UFC et la CPP, qui risquent de perdre leurs popularités davantage.

En tout cas, il faut reconnaître que le RPT-UNIR est toujours accroché au fauteuil présidentiel contrairement à l’UFC qui n’a qu’une minorité parlementaire sans impact dans les prises de décisions au parlement.

L’autre hypothèse qui n’est pas à souhaiter est relative à une coalition du parti RPT-UNIR avec ses partis satellites ou même les partis d’une pseudo opposition à savoir le NET de Gerry Tamaa, l’OBUTS de Agbéyomé Kodjo, le PDR de Bassabi Kagbara et autres qui ne se résument qu’à leurs présidents. C’est donc la grande surprise rocambolesque qui pourrait nous arriver. Avec la logique de l’UFC qui ne va pas accepter faire route avec qui que se soit, c’est donc  autour de l’ANC et du RPT que les autres partis politiques pourront sûrement se greffer. C’est le lieu de rappeler qu’aucun parti politique ne maîtrise pour l’heure comme par le passé,  le monopole des chances attendues à l’issue des prochaines législatives.

L’opposition a encore assez de temps pour bien réfléchir car le peuple ne peut plus lui pardonner  une erreur. Un échec qui proviendrait des maladresses des leaders de la coalition C14 constituera pour ceux-ci une descente définitive aux enfers. L’important à présent pour la C14,  c’est de contraindre le pouvoir RPT-UNIR à mettre en œuvre les clauses de la feuille de route tracée par la CEDEAO, c’est-à-dire de capitaliser les acquis obtenus dans cette feuille de route en faveur de la population qui aspire à un vrai changement politique.

ADJANOR Anges