Comme prévu, la CENI du Prof Bodjona Katanga a commencé à mettre en œuvre son programme de recensement ce lundi 1er Octobre 2018. Déjà à 8h 00 le matin, des dispositifs qui vont concourir à ce recensement dans l’école primaire et le lycée de Gbényédzi sont convoyés vers les lieux en présence des opérateurs de saisie et des agents de la Force Sécurité Elections (FOSE). Toutes les activités scolaires sont alors perturbées et interrompues provoquant ainsi  la libération inattendue des élèves et écoliers qui occupaient  les salles de classes réquisitionnées pour les opérations. Ce qui est curieux et surprenant, seul un kit était prévu pour l’école primaire de Gbényédzi et rien pour le lycée. « Une situation qui prouve une fois encore une volonté manifeste du prof Bodjona Katanga et son équipe à priver les citoyens de la zone du Golfe à se doter de leurs cartes », révèle une source proche de l’opposition. En tout cas, tout porte à croire que la population de Gbényédzi a entendu le mot d’ordre des leaders de C 14 qui lui a demandé de boycotter cette opération qui « présage des fraudes électorales », dit-on dans ce milieu.

 Seulement la question que cette frange d’électeurs se pose est celle-ci : Pourquoi se précipiter pour un recensement électoral pour  une liste électorale  en vue de l'établissement des cartes frauduleuses alors que les experts de la CEDEAO n’ont pas encore nettoyé le fichier électoral et que la CENI prévue par la facilitation n’est pas encore mise en place ?

 

 Du moment où les représentants de la C14 s’apprêtent à prêter serment devant la Cour Constitutionnelle avant  d’intégrer la nouvelle CENI, est-il opportun que l’ancienne CENI continue son travail ? Une confusion qui contraint la population de Gnényédzi à boycotter purement et simplement l’opération de recensement dans sa zone. Et les opérateurs de saisie et les agents des forces de l’ordre, déployés sur place pour le bon déroulement et la sécurisation de l’opération déambulent dans la cour de l’école primaire publique de Gbényédzi-kopé  afin de dissimuler leur ennui. Alors, la question demeure: pourquoi les experts de la CEDEAO présents sur place dans le processus n’interviennent-ils pas vite pour arrêter les fauteurs de troubles ? Si la CEDEAO veut la paix pour ce pays, elle le devoir de relever ce défi, en se rachetant c’est-à-dire en corrigeant l’erreur qu’elle a commise en 2005, avec la mauvaise gestion de la crise post électorale qui a causé plus de 500 morts selon le rapport d’établissement des faits commandité par l’ONU. A bon entendeur, demi-mot, dit-on. La situation présage  encore un drame. Les déclarations incendiaires du Ministre  Gilbert Bawara qui, à la veille de ce simulacre de recensement, s’inscrivent dans la logique de « ça passe  ou ça casse » en disent long. 

 

Anges ADJANOR