Depuis 14 jours, le président du parti politique « Les démocrates » observe une grève de la faim devant les locaux de l’ambassade du Ghana. Un mouvement pacifique qui a du soutien de plusieurs couches sociales et politiques. La preuve, des leaders politiques et d’opinion visitent Habia Nicodème dans ses actes pacifiques dont l’objectif est la réclamation de l’élargissement des détenus politiques embastillés au cours des manifestations de l’opposition depuis le 19 août 2017.

Du côté du pouvoir, on banalise l’action pacifique de cet acteur politique qui aujourd’hui est affaibli devient rabougri. Touchées par la dégradation de la santé de Habia Nicodème, les autorités ghanéennes dont le président Nana Akufo, ont dépêché le week-end dernier un avion médicalisé dans l’intention de venir évacuer le président du parti « Les démocrates » au Ghana. En tout cas, les autorités ghanéennes voudraient prendre en charge cet opposant afin de lui administrer des soins appropriés. Seulement voilà, d’après le ministre de la sécurité, le général Yark Damehame, l’autorisation n’est pas donnée à l’avion. Il poursuit en disant qu’ils ont été mis au courant de cette évacuation mais les autorités ghanéennes devraient attendre la réponse du gouvernement togolais avant l’envoi de l’avion. Ce qui est surprenant, il justifie ce refus par le fait que l’avion ghanéen était militaire et non médicalisé. Un argument saugrenu qui ne convainc personne, car l’opinion tant nationale qu’internationale traite Yark Damehame de menteur surtout que c’est la vie d’un homme qui est en danger et qu’il sous-estime.

En Occident, lorsqu’un citoyen fait une grève de la faim pour une cause loyale et juste, les autorités municipales de ces pays s’approchent de l’intéressé pour un soutien médical. Elles peuvent l’évacuer d’urgence pour lui apporter des soins appropriés.

Dommage que le Togo se singularise dans tous les domaines, même dans le mal. C’est triste que le Ministre Yark Damehame banalise la santé de son compatriote Habia, parce qu’il est son adversaire politique. A quand les mentalités politiques vont-elles évoluer positivement du côté du pouvoir de Lomé?

Anges ADJANOR