L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), une organisation qui regroupe les pays du monde ayant la langue de Molière en partage. Depuis quelques années, le choix du secrétaire général de cette instance pose problème. Dans la plupart des cas, le choix est basé sur le consensus, dit-on souvent. Mais, force est de constater que depuis quelques années, la France, premier bailleur de fonds de cette organisation, a son droit de regard sur le choix. Parfois, elle influence le choix. Le choix de la précédente secrétaire générale en la personne de Michaëlle JEAN, canadienne de nationalité en est la preuve. C’était sous François Hollande que le candidat du président Sassou N’GUESSO, le Congolais Henri Lopez,  a été rejeté par la France. Aujourd’hui encore la polémique concernant le soutien de la France à la candidature de la candidate du Rwanda a refait surface. Et pourtant des gens s’accordent à dire que le Rwanda qui ne respecte guère les principes des droits de l’homme,  n’est pas habileté à briguer ce fauteuil. Des voix se sont élevées pour contester cette candidature. Mais, la France d’Emmanuel Macron a son penchant pour la Rwandaise même si le choix se fait par consensus. La raison est très simple. La France commence petit à petit à rétablir sa relation longtemps controversée avec le Rwanda qui l’a toujours accusée d’être de mèche avec les génocidaires en 1994 pendant la guerre interethnique.  Le combat pour la paix, la démocratie et les droits de l’Homme dont l’OIF fait son cheval de bataille est permanemment  remis en cause à cause des intérêts. «De quel côté de l’histoire serons- nous si la démocratie et le respect des droits de l’Homme riment avec la réalité politique et des arrangements politiques?, s’interroge Michaëlle Jean qui, il faut le souligner, en 2015, lors de la présidentielle au Togo, n’a pas pu dissuader le pouvoir à surseoir à cette élection malgré les imperfections du fichier. Il s’est avéré que le fichier n’était pas propre. Pourtant, la présidentielle a eu lieu avec toutes les fraudes détectées par l’ANC et les observateurs électoraux dans leur rapport. En tout cas, tout porte à croire que les secrétaires de ces organisations internationales n’ont pas de marges de manœuvre pour diriger ces organisations, mieux encore ils ne sont pas indépendants, car les chefs d’Etat ont toujours la manette en main. Dans ce contexte, lorsque  Michaëlle Jean  se  demande de quel côté les pays francophones seront si la démocratie et le respect des droits de l’Homme riment avec la réalité, disons plutôt la triste réalité  et des arrangements politiques? Ne justifie t-elle  pas les critiques acerbes contre ces Chefs d’État de l’espace francophone qui sacrifient les principes démocratiques sur l’autel de leurs intérêts?

De toutes les façons,  les peuples de cet espace ne trouvent pas leur compte dans les décisions de cette organisation. Ainsi   beaucoup de gens réalisent que les valeurs que défendait l'OIF sont désormais fourvoyées.

 

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