Non, les Togolais ne sont pas fatigués de la coalition comme le pensait Gilbert Bawara, ministre de la fonction publique et porte-parole du gouvernement. Ils l’ont démontré ce samedi 17 novembre lors de la grande marche en répondant massivement à l’appel de la coalition des 14 partis de l’opposition.

Après plusieurs mois d’arrêt dû au dialogue entre les acteurs de la crise togolaise, les manifestations de l’opposition ont repris très fort ce samedi puisque c’est une marée humaine qui a pris d’assaut les rues de la capitale ce 17 novembre.  Partie de  Bè-Gakpoto et du rond-point du marché de Bè, cette marche de protestation a chuté à Anfamé.

Pour le chef de file de l’opposition, Jean Pierre Fabre, « ce n’est pas pour aller à ces élections que nos populations se mobilisent. Si la CEDEAO pense qu’elle  peut régler la crise togolaise par des élections législatives, il faut qu’elle prenne toutes les dispositions  pour que ces élections soient les plus acceptables possibles,  libres, transparentes, équitables et démocratiques»,  a-t-il affirmé.

Les différents intervenants ont lancé un appel à la CEDEAO afin qu’elle revoie sa copie dans la facilitation. Pour le professeur David Dosseh du Front Citoyen Togo Debout, il n’est pas question d’accompagner le pouvoir de Lomé et la CEDEAO dans un processus électoral frauduleux. « En 2005,  on nous a conduits comme des moutons à l’abattoir. En 2018, nous n’accompagnerons plus  la CEDEAO et le pouvoir dans ce processus frauduleux»,   a-t- il prévenu.

Le rassemblement aux différents points de départ n’a pas été sans difficulté puisqu’à  certains endroits, les forces de l’ordre ont empêché  les manifestants de se rendre à la marche. « Comme les gens savent que nous allons renouer avec les marches aujourd’hui, ils ont voulu être parmi nous. Mais on les a empêchés parce qu’on veut montrer qu’il n’y a pas beaucoup de monde et faire croire à l’opinion que le peuple n’est pas derrière nous. Mais ils ont menti », a  laissé entendre Mme Adjamagbo Johnson Kafui.

Notons que cette manifestation fait suite au non-respect de la feuille de route de la CEDEAO et à l’organisation unilatérale du processus électoral par le régime RPT/Unir qui est aux affaires depuis plus de 53 ans.

Eyram Akakpo