La détermination et le  courage des populations ont eu raison des intimidations et des menaces du général Yark  Damehame, ministre de la sécurité. La preuve,  ces populations  sont massivement sorties pour dire non au régime de Faure Gnassingbé dans sa préparation unilatérale des élections législatives. Lomé la capitale, était semblable à une ville en guerre. Les militaires visibles un peu partout dans la ville, armés de fusils et de gourdins ont posé des barricades sur les voies menant aux lieux de rassemblement de la manifestation.

Des milliers de Togolais étaient encore sortis dans les rues ce 29 novembre pour exiger le respect de la feuille de route de la CEDEAO, la libération des détenus politiques et l’arrêt du processus électoral qu’organise unilatéralement le pouvoir de Lomé. A Sokodé, Tchamba,  Kpalimé et Lomé ce fut une marée humaine qui a une fois encore exprimé leur ras-le-bol au régime cinquantenaire.

A Lomé, très tôt le matin, les forces de l’ordre sont sortis  posant  des barricades sur certains axes de la capitale. Un incident  est intervenue à Agoè où  lors d’une course poursuite entre manifestants  et  forces de sécurité, ces dernières ont tiré des gaz lacrymogènes atteignant une école privée. Plusieurs élèves étaient tombés évanouis.

Les manifestants regroupés en milliers à Bè-Gakpoto à Lomé  ont pu relier le lieu du meeting sans incident. « Les gens ont pensé que nous appelions à un déluge naturel, catastrophique.  Ce  à quoi nous faisions allusion, c’est ce que nous voyons aujourd’hui.  Un déluge humain. », a expliqué OURO-Djikpa Tchatikpi, conseiller de Tikpi Atchadam.

Pour madame Adjamagbo, coordinatrice de la C14, le pouvoir est dans l’erreur  et tout le monde le sait. « Sa position  est aux antipodes des aspirations profondes des Togolais… Le processus de règlement de la crise est en souffrance ... Nous en appelons à la CEDEAO pour que des décisions fermes soient prises. » a-t-elle affirmé.

A Sokodé, malgré l’état siège qui avait duré dans la ville, la population la plupart  vêtue de rouge  ont  massivement envahi  les rues.  L’incident est à noter à Kparatao, le village de TikpiAtchadam où les manifestants ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène.

Les manifestations se poursuivent le 1er, 3 et 4 décembre prochains.

Eyram Akakpo