Les Togolais sont-ils plus fatigués du gouvernement que de la C14?  En tout cas, malgré les interdictions du ministre de l’Administration territoriale, Payadowa Boukpessi, qui n’entend  pas voir la coalition manifester au cours de la campagne électorale,  les populations ont  bravé cette interdiction en sillonnant la ville de Lomé avec  une caravane qui a observé un arrêt devant l’ambassade du Nigéria.

Lomé était encore à l’image d’une ville en état de siège ce 6 décembre. Un impressionnant dispositif  des corps habillés avait bouclé la ville très tôt le matin. L’objectif  était d’empêcher la coalition des 14 partis de l’opposition  de dérouler  son  programme de « contre campagne électorale »  qui débute ce jeudi par une caravane. Le siège du parti Convention  Démocratique des Peuples Africains (CDPA)  de Brigitte Adjamagbo qui devrait être l’un des points de rassemblement  de la caravane, a été encerclé par un important dispositif  des forces de l’ordre. Aucun rassemblement n’était permis.

Ce refus de rassemblement a obligé les militants de l’opposition  à prendre d’assaut les rues pour exécuter  leur programme de cette journée qui est la caravane à travers les rues de Lomé. La caravane a sillonné plusieurs  artères de la ville avec des slogans hostiles au pouvoir de Lomé. « Nous sommes fatigués de ce régime », « 50 ans, ça suffit », « le problème du Togo n’est pas celui des élections», etc.

Les caravaniers ont bruyamment manifesté devant l’ambassade du Nigéria demandant l’annulation des élections. « Pas d’élection au Togo »,  « pas d’élection, Buhari ».   La caravane a été interceptée à Tokoin Soted par une unité spéciale de la gendarmerie (USIG) qui les a dispersés à coup de gaz lacrymogène.

Tard dans la soirée, certains  leaders de la C14 réunis au siège du parti ADDI et des caravaniers ont été copieusement gazés. Des motos ont été  emportés, de même il y a des blessés et une personne arrêtée.  

Selon le programme établit par la C14, la caravane se poursuit le vendredi suivi d’une série de marches d’une semaine.

 Eyram Akakpo