L’armée togolaise est l’une des rares au monde qui bataille contre sa  propre population comme à la guerre. Les populations  togolaises en quête de la démocratie ont voulu manifester  ce 8 décembre contre le énième coup de force électoral de la dictature militaro-civile cinquantenaire qui dirige  le Togo. Mais une fois encore la monarchie  autocratique des Gnassingbé  a réprimé et tué  des manifestants   aux mains nues  parmi lesquels un jeune de 11 ans. Plusieurs villes étaient en ébullition    notamment Tchamba, Bafilo, Sokodé, Anié, Mango, Kpalimé et Lomé.

L’armée clanique du Togo  par sa barbarie coutumière a encore affiché son soutien indéfectible à la  dictature cinquantenaire ce 8 décembre sur toute l’étendue du territoire. Très tôt, plusieurs villes ont été assiégées. A Lomé, les points de rassemblement ont été fortement militarisés et les jeeps militaires se faisaient voir un peu partout dans la ville. A l’intérieur du pays, la sauvagerie militaire s’est encore fait parler d’elle.

Les premiers affrontements de la journée ont commencé au nord du pays. Bafilo, Sokodé, Tchamba étaient tous debout pour dire non au processus électoral organisé unilatéralement par le régime RPT/UNIR. Les jeunes décidés à empêcher l’organisation d’une parodie d’élection ont brûlé des pneus et barricadé  les routes par des troncs d’arbre. Les forces de sécurité ont réprimé violement par des bastonnades et des tirs de gaz lacrymogène. On dénombre plusieurs blessés dont des cas graves. « La situation est intenable et très grave » avait affirmé l’honorable Ouro Akpo.

A Lomé la capitale, la répression a été plus sauvage et barbare surtout dans la préfecture d’Agoè. Cette préfecture considérée comme l’un des fiefs du Parti National Panafricain (PNP), a été prise   pour cible par les forces de sécurité et de défense. Là, les populations ont été réprimées, bastonnées jusqu’à leur dernier retranchement. On déplore deux morts dans cette localité dont un petit de 11 ans. Et pourtant, après les évènements malheureux de 2005, où selon un rapport de l’ONU, 500 morts ont été enregistrés, le seul dictateur de l’Afrique de l’Ouest avait déclaré qu’il n’y aura  « plus jamais ça au Togo ».

Ces tueries n’ont pas laissé indifférentes les populations. Très vite, la colère  a atteint d’autres quartiers de Lomé, comme Bè, Kégué, Hédzranawoé et Agbalépédo où  les jeunes ont brulé des pneus transformant le ciel de Lomé noir.

Ce mutisme de la CEDEAO est très étonnant d’autant qu’elle est  la source de l’organisation de cette élection du 20 décembre. Il va falloir que cette institution sous régionale réagisse très tôt pour que les Togolais ne soient plus victimes des tueries de leurs propres gouvernants.

 Eyram Akakpo