L’année 2018 s’en est allée avec tous ses malheurs. Les uns souhaitent les vœux les meilleurs aux autres et réciproquement, tout le monde se souhaite les vœux. Comme chaque peuple mérite ses dirigeants, les Togolais comparativement aux autres peuples sont sevrés des vœux de leur président. Ils attendent les vœux de leurs dirigeants à l’orée de cette nouvelle année mais en vain. Faure Gnassingbé, le chef de l’Etat n’a pas daigné exprimer ses souhaits à son peuple par les canaux traditionnels tels les médias radio et télévision nationales. Il a préféré le faire par les réseaux sociaux spécialement sur son compte twitter. Du coup, beaucoup de Togolais qui voulaient l’entendre se prononcer sur la situation socio politique lors de ses vœux ont été déçus. Comment pourraient-ils comprendre ce mutisme du président, lorsqu’on sait que l’année précédente a connu des bouleversements socio politiques ?

Deux raisons peuvent justifier cette attitude. Première raison : les uns pensent que Faure Gnassingbé n’a plus rien à dire pour redonner espoir à son peuple, à cause des promesses démagogiques dont ce peuple a été victime. Beaucoup d’engagements pris au cours de ses mandats n’ont pas été traduits dans les faits. Le quotidien des Togolais est encore sujet à caution parce que le fossé entre les dirigeants qui vivent dans l’opulence et ce peuple qui végète dans la misère avec toutes les difficultés de joindre les deux bouts s’accentue au jour le jour. Une situation qui crée du coup des frustrations. Devant cette incapacité d’améliorer les conditions de vie et de travail des Togolais, Faure Gnassingbé n’aurait pas jugé bon de promettre de belles choses à son peuple,  qui, cependant,  ne voit toujours qu’un mirage.

Deuxième raison : Les autres estiment que Faure Gnassingbé n’a aucun égard à son peuple. Indifférent aux souffrances de ce peuple, il continue sa marche, bon gré mal gré, afin de satisfaire les besoins de ceux qui le soutiennent. A quoi bon accéder à la revendication de la majorité si la minorité acquise à sa cause mange à sa faim?

En tout état de cause, lorsqu’un président de république manque d’une adhésion populaire à son projet de société, il lui est difficile de diriger son pays dans la paix. Il est toujours confronté à plusieurs fronts de refus qui remettent en cause la stabilité précaire du pays.

Face à cette situation, Faure Gnassingbé va-t-il continuer à diriger le pays comme une secte qui ne préserve que le bien-être de ses membres ? Toujours est-il que si la gouvernance ne requiert pas l’adhésion nationale, il est probable que le Togo sera permanemment en crise. Le décollage économique émanera d’un consensus national.

En conclusion, l’absence de message de vœu de Faure Gnassingbé  à son peuple est à la fois une honte et un mépris pour le peuple togolais. Cette attitude caractérise, enfin, la mal gouvernance  dont le peuple togolais se délecte avec contrainte. Faure Gnassingbé doit savoir que l’injustice, le mensonge et l’ingratitude n’inspirent qu’horreur. Toute chose qui pousse le Togolais à la paresse, à l’indolence et à l’oisiveté qui, malheureusement,  consument beaucoup de belles énergies. Ainsi les talents ou les génies qui ne soutiennent pas Faure Gnassingbé et, dont le pays  a besoin à l’avenir,  sont détruits au nom de la politique sectaire. Doit-on continuer à contraindre les Togolais à regarder dans la même direction? Y aura-t-il une réelle décrispation de la crise politique togolaise ? La précarité et le chômage endémique des jeunes  trouveront-ils solution à l’issue des législatives du 20 décembre 2018 ? Autant  de questions auxquelles Faure Gnassingbé devrait répondre aux Togolais qui sont dans la désespérance totale.

 

ADJANOR Anges