Après une élection bâclée, sans consensus politique, avec pour conséquence la non adhésion populaire, un nouveau gouvernement est enfin sorti ce 24 Janvier 2019. Une attente qui a provoqué beaucoup de débats compte tenu du contexte politiquement difficile dans lequel les Togolais vivent il y a plus d’un an. Certains peuvent dire que « mieux vaut tard que jamais ».  Mais il faut se dire qu’il y a de l’anguille  sous roche. Des sources indiquent que des tractations pour pouvoir enrôler des membres  de la coalition C14 ont été infructueux, d’où la naissance douloureuse de ce gouvernement dont la composition reste intacte, car l’ancien premier ministre Sélom Klassou et 16 sur 22 ministres ont été reconduits. Gilbert Bawara (en photo) qui fait le tour de passe-passe à la tête  des ministères depuis plus de 12 ans, Payadowa Boukpessi, Yark Damehame capitalisent chacun près de 10 ans, et la liste des carriéristes est longue.  Cinq portefeuilles ministériels n’ont pas encore trouvé de preneurs. On estime, dans le milieu de la présidence que des tractations se poursuivent pour inviter des membres de C14 à ce gouvernement dit de large union. Des méthodes peu orthodoxes sont encore utilisées pour tenter de débaucher des membres de la C14 : soudoiement par ici, compromission par là, afin d’amener certains partis politiques appartenant à la C14 vers la voie de la traitrise ou de la trahison. Ces derniers  saisiront-ils cette perche que le pouvoir UNIR est en train de leur tendre ? Rien n’est sûr, puisque  les militants de la C14 ont leurs responsables  à  l’œil. Toujours est-il que le gouvernement, né dans la douleur, souffre encore de traumatisme politique dû au front de refus qui commence à être galvanisé avec la reprise des marches de protestations dont le mot d’ordre demeure le même :  la matérialisation des réformes, la libération de tous les détenus politiques, la formation d’un gouvernement de transition avant l’organisation des autres élections. Le pouvoir de Faure Gnassingbé entendra-t- il raison pour prendre langue avec ses adversaires politiques, afin que le pays entre effectivement dans une nouvelle ère politique, qui débouchera sur une alternance politique sans effusion de sang ? Les jours à venir nous édifieront.

ADJANOR Anges