Si l’on se  réfère à la  constitution togolaise, comme le rappelle Gerry Taama, surtout aux  articles 61 et 62, qui précisent que tout candidat à l’élection présidentielle doit résider sur le territoire  national au moins  12 mois avant, et que  l’élection  présidentielle a eu lieu soixante (60)  jours au plus tard  et soixante quinze (75) jours au plus tôt avant l’expiration du mandat du président en exercice, nous pouvons dire d’emblée que Akila Boko ,ne peut pas se présenter à la prochaine élection. En effet, sachant que Faure Gnassingbé a  prêté serment le 04 mai 2015 le scrutin présidentiel  de 2020 aura lieu entre le 18 février et le  04 mars au plus tard. Donc, tout candidat qui ne réside  pas au Togo depuis le 4 mars dernier est hors de course, sauf accord politique.

On a l’impression qu’on a trouvé déjà un vaccin. La clarté et l’impartialité avec lesquelles ce député  prend  position dans ce débat. On  ne saurait ne pas  lui reconnaître  les valeurs qui caractérisent son sens d'interprétation des textes. Cependant, nous comptons sur ses compétences multiples  pour insuffler une nouvelle donne dans notre patrimoine politique. Les autres aînés n’ont pas démérité mais il faut tenter autre chose. 

Seulement, faire l’interprétation rigoureuse des lois n’est pas aussi simple comme un exercice de calcul mental. Cependant, sur quelle base juridique déduit-il que  douze (12) mois se déterminent  par rapport au jour du scrutin ? Y a-t-il une disposition dans la  loi fondamentale ou dans le code électoral qui lui permet  de faire cette démonstration ?  Il calcule les 12 mois par rapport au jour du scrutin.

Il urge que nous lui rappelons un pan de la complexité de cette question établie en trois points:

D'abord,  le scrutin se tient toujours avant l’expiration du mandat qui s’écroule, ce qui veut dire que l’élection de 2015 s’est tenu avant l’expiration du mandat de 2020 du président de la République. Comment pourrait-on calculer les 12 mois à partir du jour du scrutin alors qu’on sait que l’ancien mandat était en cours ?

Ensuite,   dans l’hypothèse où l’on admet que les douze mois de résidence prennent effet à partir du jour  du scrutin de 2015 ; la question est de savoir si on peut partir sur ce délai alors même que le jour du scrutin on ne connaissait même pas encore le président élu du mandat dont on doit candidater en 2020 pour espérer gagner.

Enfin,   nous renvoyons ces députés à l’article 59 de la constitution : le président  de la République  reste  en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de son successeur  élu, peut-être  que vous  l’avez oublié celui là

En conclusion,   juste pour  dire au député Gerry Taama, que ces questions dépassent  le  politicien  qu’il est. C’est à la Cour Constitutionnelle le moment opportun si la question se pose,  d’éclairer sur l’esprit du constituant.

Il ne sert à rien  d’exclure des potentiels candidats avant le scrutin. On se connait au Togo, sa position qu'il divulgue au sein de l'opinion nationale n'est pas fortuite. Certains présagent déjà la décision de la cour aux mains du pouvoir. Gerry Taama  est-il le porte parole de l'UNIR qui ne voit pas de bon œil l'arrivée sur la scène politique de cet officier supérieur, de surcroit, éminent juriste?

Nous attirons par la même occasion, l’attention sur  la complexité de cette question.

 

Anges ADJANOR