La vraie réconciliation peut aussi passer par l’organisation d’une élection locale crédible et transparente, disait un avisé de la politique togolaise.

C’est pourquoi d’ailleurs, depuis la fin de la dernière révision des listes électorales, les yeux sont enfin tournés vers la date fatidique de la tenue de ces échéances électorales. Seulement voilà, plusieurs observateurs pensent que l’opposition a prêté le flanc au pouvoir en place de fixer les règles du jeu. Les quatre jours accordés à ceux qui étaient absents lors du recensement électoral, ont été un parcours de combattant. Les opérations ont été lentes. Et l’on se pose la question de savoir si cette anomalie était faite à dessein. Certains pensent que lors des premières opérations, c’est-à-dire la période avant les législatives,  les choses se sont déroulées sans problème. L’opinion ne comprend pas la lenteur des dernières opérations lorsque les militants de l’opposition ont répondu au mot d’ordre de leurs leaders.

Toujours est-il que la chance de l’opposition à gagner les communes se voit réduite. Mais, le pouvoir risque d’être confronté aux velléités de protestation, si les populations constatent que ceux à qui elles ont confiance ne deviennent pas leurs représentants. Plus d’une fois, il est démontré que les membres du parti au pouvoir élus ou nommés à des postes clés ont l’habitude de pratiquer la corruption comme leur sport favori. Ces populations veulent mettre à l’épreuve les élus de l’opposition afin de s’assurer de leur compétence à diriger un pays, à travers la gouvernance à la base. La gouvernance à la base devrait en principe être un examen de passage pour l’opposition dans les communes  où ses élus deviendront Maires.

Au lieu que le pouvoir joue un franc jeu dans cette compétition pour tester la capacité des représentants locaux issus de l’opposition, à diriger une commune, voire un pays s’il arrive qu’ils accèdent au pouvoir, c’est indigne que ce pouvoir continue dans cette voie de « je prends tout ». La transparence dans ces processus électoraux règlerait en partie le problème de la réconciliation au Togo. Dommage qu’une fois encore, le pouvoir n’ouvre pas la porte à la vraie réconciliation qui peut passer aussi par les voies électorales pour déboucher à une alternance politique paisible, à moins qu’il cherche à gagner du temps qui risque de lui être préjudiciable.  Tel n’est pas le souhait des Togolais. Alors le bon sens doit prévaloir pour consolider le vivre ensemble au Togo.

Anges ADJANOR