L’un des devoirs régaliens d’un gouvernement est de construire des routes, des ponts, des écoles et des centres de santé. Bref des ouvrages d’art et sociaux.

Cependant, la conception de développement doit aller ensemble avec les infrastructures et superstructures. Car tout développement harmonieux, durable et performant exige la mise en œuvre d’une superstructure adéquate et capable d’inspirer l’implantation, le fonctionnement, le renouvellement et la modernisation des infrastructures. En effet, le développement a besoin d’être conçu et conceptualisé. Et seule une superstructure adaptée, a la capacité d’assumer cette mission. Le problème fondamental dans les pays sous-développés est celui de la pauvreté: rapport entre le revenu par habitant et le coût de la vie. D’où la nécessité de rechercher des politiques économiques adéquates pour élever le niveau de vie des populations.

Aussi l’élévation du niveau de vie doit-elle consister à réduire énergiquement le coût de la vie, de sorte que dans les pays sous-développés, les bas salaires puissent permettre à ceux qui les gagnent de vivre mieux. Cela exige de la volonté politique, et elle primera sur tout.

Un pays pauvre comme le Togo ne peut pas continuer de s’endetter sans augmenter sa production de toutes les manières. L’endettement basé sur l’espoir hypothétique de la remise de dettes, enfonce davantage les pays africains dans le sous-développement. Il faut mettre fin au cycle de l’endettement qui n’est réellement une solution économique que lorsqu’il permet d’améliorer les performances et ce faisant, renforcer la solvabilité du débiteur afin que le service de la dette ne soit pas un fardeau.

Il s’agit là d’une prise de conscience qui doit marquer une rupture nécessairement avec de mauvaises habitudes devenues hélas le mode d’existence et de gouvernance. Il est évident que celui qui gagne cent francs ne peut pas dépenser cent vingt-cinq francs ou cent cinquante francs. Il en est de même pour les  Etats.

Jusqu’à présent, « notre passé est aveugle. Notre présent est sourd et notre avenir est muet. Nous devons nécessairement sortir notre histoire, celle vécue par nos peuples, de cette cécité, de cette surdité et de ce mutisme que nous n’avons pas choisis : mais qui nous ont été imposés par l’économie de marché. En principe, nous ne pouvons pas sortir de l’économie de marché : économie mondiale que la mondialisation nous impose. Mais nous devons prendre nécessairement nos responsabilités en repensant nos propres modes de production et l’écoulement de nos produits et biens de toute nature », soutient un économiste.

Tout dirigeant doit nécessairement savoir où il veut conduire son peuple et comment il l’y conduira. Ainsi, les candidats à la magistrature suprême de nos pays doivent désormais dire leurs ambitions pour leur patrie et pour leur peuple, à travers des projets de société et des programmes. Les leaders politiques africains doivent partager l’ambition de redonner confiance et dignité à leur patrie, en révélant, par la pratique, aux citoyens, que le développement est encore possible et à la portée de main. Ils doivent concevoir et mettre en œuvre des projets authentiquement africains. Une doctrine qui aura l’ambition de donner corps, vie et forme à une vision africaine de développement, et à une Union Africaine de démocratie, de liberté et d’identité culturelle. Ce faisant, ils aideront toutes les consciences citoyennes et patriotiques à mettre en pratique la trilogie du développement: indépendance, démocratie et bonne gouvernance.  

Le président en exercice de l’Union africaine, l'Egyptien Abdel Fattah-Al Sissi (en photo) et son équipe sont interpellés.