L’élection   présidentielle de 2020 ne laisse pas indifférente la Conférence des évêques du Togo (CET). En témoigne une déclaration qu’elle a  rendu publique jeudi dernier. Les 10 pasteurs  qui forment cette structure faîtière de l’église catholique ne sont pas allés de main morte pour dire ce qu’ils pensent et du pouvoir de Faure Gnassingbé et de l’opposition. Pour que la situation ne dégénère pas, la conférence propose un certain nombre de choses à faire par les uns et les autres pour, dit-elle, l’intérêt supérieur du Togo.

Pour ces ‘hommes de Dieu’, le pouvoir de Lomé  manque manifestement de volonté politique pour construire un Etat de droit et démocratique. Son opposition, soulignent-ils, s’adonne à la mesquinerie. Une opposition, disent les évêques, qui ne sait pas ce qu’elle fait et qui manque de vision.

« On voit pointer à l’horizon le même scénario lorsque, à peine les dates des prochaines élections présidentielles annoncées, on assiste à une avalanche de déclarations de candidatures, apparemment plus préoccupées les unes et les autres par des intérêts personnels que par une réelle volonté de conquérir et d’exercer le pouvoir pour le bien de toute la Nation », dit le message.

Au pouvoir de Lomé, la conférence demande d’opérer, avant l’élection présidentielle qui pointe à l’horizon, les réformes indispensables à l’assainissement du cadre électoral.  

Il s’agit, précisent-ils, de revoir ‘de façon plus concertée’, la composition de la CENI et de la Cour Constitutionnelle pour, notent-t-ils, « les mettre au-dessus de tout soupçon de dépendance » ; de réviser le code électoral, d’établir un fichier d’électeurs fiable et crédible.

A l’opposition politique, les évêques demandent de se départir des luttes ‘mesquines’ et ‘intéressées’, et de plutôt travailler avec professionnalisme et civisme sur les grands sujets, afin, marquent-ils, « de proposer une alternative ancrée sur l’esprit de consensus et sur le respect mutuel ».

Les 10 évêques n’oublient pas la communauté internationale. Ils exhortent celle-là d’accompagner les acteurs politiques togolais dans la ‘sincérité’, la ‘loyauté’ et le désintéressement pour faire entrer enfin le Togo dans le concert des nations modernes, fortes et démocratiquement civilisées.