La semaine dernière, le Président de République a demandé au Gouvernement de se pencher sur la recomposition de la Cour Constitutionnelle.

Avant de parler de la Cour Constitutionnelle, il est mieux de comprendre la définition d’une institution de la république. Considérons la république comme une voiture. Cette dernière est constituée de différentes parties qui jouent des rôles différents mais dont la finalité est le bon fonctionnement de l’engin. Une institution de la République est comme une partie d’une voiture. Si une partie d’une voiture (comme le moteur, ou la boîte à vitesses  ou les phares) fonctionne mal, c’est tout le fonctionnement de la voiture qui en pâtit.

Peut-on donner des exemples d’institutions de la République togolaise ? Avant cela, nous aimerions attirer votre attention sur le mot « République ». Il provient du latin « respublic » qui signifie « chose qui appartient à tous ». La République désigne donc un mode de gouvernance par des personnes élues. Le contraire de la République, c’est la monarchie héréditaire.

-Monarchie héréditaire ?

Oui, mais restons dans le sujet. Donc, à titre d’exemples d’institutions la République togolaise, citons : la présidence, la primature, la Cour Constitutionnelle, l’Assemblée Nationale, la HAAC, le Sénat (qu’on n’a pas encore), la médiature.

-Maintenant, comment le Président de République  va-t-il recomposer l’institution de la République qu’est la Cour Constitutionnelle ?

C’est normalement écrit dans les articles 100 et 101 de la Constitution de notre pays modifiée le 15 mai 2019. Et selon la désignation des membres, le Sénat aussi doit proposer deux  membres parmi les 9.

Mais nous n’avons pas de Sénat. Et oui, nous n’en avons pas encore.

C’est quoi au fait un Sénat ?

C’est dans une République, la deuxième chambre d’une Assemblée Nationale dont le rôle principal est la défense des intérêts des collectivités territoriales locales (les communes). Sa composition, telle que préconisée par la Constitution en son article 52, prouve cela normalement.

Pourquoi pour la recomposition de la Cour Constitutionnelle et la composition du Sénat, la constitution a-t-elle pris soin de préciser « normalement » ?

C’est parce que nous sommes au Togo. Si une personne vous explique ce qui s’y passe et que vous avez compris, sachez qu’en réalité vous n’avez absolument rien compris. Tout y est fait de la manière la plus opaque et vile possible, du moment que ca arrange le camp au pouvoir : UNIR.

La question qu’il urge de se poser est celle-ci : comment pensons nous que la recomposition de la Cour Constitutionnelle doit être effectuée?

Il faut rappeler que cette recomposition fait partie d’une série de revendications destinées   à rendre crédible, transparente et inclusive l’élection présidentielle de 2020. Ce n’est donc pas une fin en soi. Elle est tout de même nécessaire voire indispensable car c’est la Cour Constitutionnelle qui, en amont et dernier ressort, valide les résultats des élections législatives et présidentielles.

Ceci étant écrit, il nous semble évident que des discussions (pour ne pas écrire « un dialogue ») entre la classe politique est nécessaire. C’est ainsi qu’on pourra trouver, à notre humble avis, une solution à cette recomposition souhaitée par le Président de la République.

Ce souhait brusque du président de la république à voir cette cour recomposée nous paraît suspecte et nous renvoie à un dicton : « Quand on voit le margouillat qui veut se coudre un pantalon, n’est-ce pas parce qu’il a trouvé une solution pour sa queue?».

Existe-t-il une seule  Institution de la République au Togo qui n’est pas inféodée à  la famille royale? Voilà autant de questions qui expriment des inquiétudes dans l’opinion nationale sur la bonne foi du Président de République et son gouvernement à faire aboutir cette recomposition selon l’esprit de la Constitution togolaise.

 

Si le passé n’inspire pas le présent,  l’avenir sombre dans les ténèbres, dit-on souvent. C’est pourquoi ces questions suivantes méritent d’être posées : Qui est à la tête de l’actuelle Cour Constitutionnelle ?  C’est M. Aboudou Assouma. Il est en poste depuis 12 ans. -Est-il d’UNIR?

 

ADJANOR Gbedode