L’Alliance nationale pour le changement (ANC) a saisi mardi   la Cour de justice de la CEDEAO pour faire constater les graves violations des droits de l’homme et des peuples que constituent l’organisation au  de la présidentielle du 22 février dernier, au Togo. Le parti demande l’annulation du scrutin dont les chiffres sont selon lui fantaisistes et farfelus.

« Dans sa première décision n° EP-008/20 du 03 mars 2020, la Cour constitutionnelle, sans aucune justification ni explication, modifie allègrement et arbitrairement les chiffres préfabriqués par la CENI, en gonflant le nombre d’inscrits qui passe de 3.614.056 à 3.738.786, soit une augmentation du nombre d’inscrits de 124.730 ; en gonflant le nombre de votants qui passe de 2.769.286 à 3.349.989, soit une augmentation du nombre de votants de 580.703 et en minorant le nombre de suffrages exprimés qui passe de 2.679.557 à 2.486.876, soit une diminution du nombre de suffrages exprimés de 192.681 », indique l’ANC dans un communiqué.

Aussi, le Parti de Jean Pierre Fabre affirme que les bulletins nuls dont le nombre, calculé sur la base des chiffres de la Cour elle-même, s’élève à 963.113, soit plus de 11 fois le chiffre publié par la CENI.

« La Cour constitutionnelle, dans le but manifeste de faire disparaître les incohérences qui établissent le caractère fantaisiste et inacceptable des suffrages attribués aux différents candidats, se contente, au prétexte de rectification d’erreurs matérielles, de valider les chiffres provisoires fabriqués de toutes pièces par la CENI. Curieusement, tout cet exercice laisse inchangés les suffrages attribués à chaque candidat, malgré les supposées corrections d’erreurs matérielles par la Cour constitutionnelle. Tout le monde comprend qu’en réalité, il ne s’agit pas d’erreurs matérielles mais de manipulations et de falsifications pures et simples », dénonce l’ANC.

Face à cette situation, l’ANC exige l’annulation  du scrutin et sa reprise dans des conditions de transparence et d’équité.

Eyram  Akakpo