Pascal BODJONA puisqu’il s’agit bien de lui, fut un fidèle du régime RPT (Rassemblement du peuple togolais) et un ami personnel de Faure Gnassingbé, imposé une fois de plus aux Togolais  à l’issue du scrutin présidentiel  du  22 Février dernier par les Présidents de la CENI  et de la Cour Constitutionnelle.

L’homme aurait fait des études supérieures avec Faure Gnassingbé  avant de servir à l’Ambassade du Togo  aux Etats-Unis.  A la mort d’Eyadema  Gnassingbé en 2005, il revint au pays pour servir le fils. Il a occupé plusieurs postes: d’abord directeur de cabinet du président de la République, et puis ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales. Il a joué le rôle de porte-parole du gouvernement  et faisait office du  tout puissant au sein du régime. Il fut le principal artisan de la réélection de Faure Gnassingbé en 2010. Son aura faisait parfois ombrage à celui de Faure Gnassingbé.

Deux ans plus tard,  précisément le mardi 31 juillet 2012, un nouveau gouvernement de 31 membres a été annoncé à la télévision nationale: la grande surprise est le départ de Pascal  Bodjona, remplacé à l’Administration territoriale par Gilbert Bawara, un autre proche de Faure Gnassingbé. Aucune information officielle ne sous tendait par cette mise à l’écart du ministre « gros format » Mais pour certains cette éviction était consécutive  à une affaire d’escroquerie internationale dans laquelle il fut trempé. Et pour d’autres, Pascal Bodjona se rapprochait plutôt  de l’opposition.

Très vite, Pascal Bodjona était arrêté de façon musclée et gardé à la gendarmerie nationale où il fit un séjour avant d’être envoyé la prison civile de Tsévié.

Après un séjour de 18 mois dans ce centre de détention, il fut libéré le 06 Février 2016. Animal politique de son état, l’homme à sa première conférence de presse tenue après  sa sortie de prison,  déclarait qu’il n’excluait pas la construction de sa propre hutte, si le voisin n’est pas prêt à l’accueillir.  Une déclaration pleine de symboles et de sens.

On en était là quand les élections locales ont pointé leur nez en Juin dernier.  Voulant y aller en candidat indépendant avec la bannière de « Ensemble pour le Togo»  sa candidature a été vite rejetée par la Cour Suprême pour défaut de dénomination.

L’apparition de ce grand homme à la cérémonie de prestation de Faure Gnassingbé pour un 4e mandat est diversement appréciée au sein de l’opinion nationale.  Et c’est ce qui a suscité notre curiosité. Et d’après les informations en possession de l’Agence Corps Diplomatic Togo, avant le scrutin présidentiel du 22 Février 2020,  Faure Gnassingbé en personne s’était rendu chez Pascal Bodjona afin de lui présenter ses excuses pour la rupture de leur relation. Il lui  a également  demandé de ne pas soutenir la candidature de l’opposition à ce scrutin. C’est fort de cette démarche que Pascal Bodjona est resté muet lors de la campagne et du scrutin de Février 2020. C’est dans la poursuite  de la décrispation que Faure Gnassingbé lui a adressé  une invitation à sa cérémonie de prestation de serment, invitation qu’il a honorée.

Et dans les promesses, Faure Gnassingbé lui demande de revenir aux affaires (en tant que Ministre d’Etat) et surtout de le positionner en tant que candidat du parti Union pour la république (UNIR) lors du scrutin présidentiel  de 2025.

La grande énigme: Pascal Bodjona va-t-il accepter ou non ces promesses de Faure Gnassingbé. L’appât est donc tendu et le peuple togolais sera édifié  dans les prochains jours.