« Mieux vaut tard que jamais », tels sont enfin les propos tenus par ceux qui sont pragmatiques, lorsqu’ils ont appris l’information sur la remise  de la lettre de démission du premier ministre et  de son gouvernement au Président de la République. Dans le camp adverse, on estime que l’attente a été longue, une anomalie politique qui sous tend que le Président de la République Faure Gnassingbé serait mal élu. Tout compte fait, la démission est acceptée et le peuple attend la formation d’un nouveau gouvernement. Quoi qu’on dise le Togo parcoure une crise politique qui inquiète plus d’un. L’environnement politique devient de plus en plus confus avec une opposition divisée en interne. Le débat politique n’existe presque pas. Une situation politique qui devient fade. Or, les idées contradictoires qui fondent les principes démocratiques à travers des manifestations de l’opposition sont quasiment absentes. Le parti au pouvoir n’a plus véritablement d’adversaires sur le terrain politique parce qu’il verrouille tout l’espace de liberté politique, ce qui permet d’occuper tout le terrain politique. Un danger pour le processus démocratique avec l’installation d’institutions fortes de la République. Cependant, rien n’est serein aussi dans cette formation où des assassinats et morts suspects sont permanemment enregistrés. Le climat est probablement lourd au sein de cette formation politique dont le Président se cache depuis la proclamation du suffrage universel par la Cour Constitutiannel dont le président a loué ce dernier et l’a félicité pour son bilan qu’il trouve positif, compromettant ainsi le caractère de neutralité de cette institution.

L’ultime question qui se pose à l’orée de la formation du gouvernement est celle-ci:« Ce gouvernement sera-t-il d’union, ou de cogestion ? ». La triste réalité, c’est que le parti au pouvoir n’a plus d’adversaires politiques sur le terrain. Même l’ANC qui prétend être le vrai parti d’opposition souffre de popularité à cause du flou kafkaïen que leurs dirigeants ont entretenu pendant plusieurs années en trompant ce peuple par leur politique spectacle. D’ailleurs, personne ne peut dénier l’implication des hauts cadres de ce parti dans l’affaire « Wacem Gate ». C’est la raison pour laquelle, certains observateurs politiques pensent que l’ANC négocierait déjà son entrée dans le prochain gouvernement. Ce parti a-t-il le choix, puisqu’il n’a plus la confiance de ce peuple qui reconnait être grugé par J. P. Fabre et les siens pendant un moment. Aujourd’hui, beaucoup de gens s’accordent à dire que ce gouvernement en gestation verrait l’entrée de certains cadres de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), comme la Convergence du Peuple Panafricain (CPP), le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), le Parti Démocratique pour le Renouveau (PDR), le NID, l’Union des Démocrates Socialistes-TOGO (UDS), l’Union des Forces du Changement (UFC), dont les hauts cadres ont déjà expérimenté ces gouvernements de compromission politique.

Toujours est-il que le gouvernement qui va naître bientôt ne se départira pas des précédents pour ses tâches régaliennes, dont l’exécution paraît difficile pour changer le quotidien des Togolais. Tous vont habituellement dans ces gouvernements comme dans une mangeoire pour profiter des délices du pouvoir. L’opinion togolaise a l’impression que lorsque des opposants  rentrent dans de tel gouvernement, ils se font une santé financière. Soit ! Cependant, il faut reconnaître qu’ils n’ont aucune marge de manœuvre pour travailler avec abnégation et intégrité à chaque fois qu’ils rentrent dans de tels gouvernements RPT-UNIR. Pourquoi ne démissionnent-ils pas, s’ils sont empêchés dans leur fonction ?, une question qui revient sur toutes les lèvres. Finalement, à défaut de démissionner, ils se complaisent généralement des magouilles financières, dont ils tirent, à part les ministres du parti au pouvoir, profit. Ainsi, au lieu de servir le peuple, les ministres issus de l’opposition se servent eux-mêmes en refusant de défendre les intérêts nationaux. Le sort du peuple est relégué au second plan.                         

En définitive, ce gouvernement, dont l’accouchement paraît douloureux, aura-t-il le mérite de servir réellement le peuple togolais en privilégiant la bonne gouvernance ? That’s the question. 

Dieudonné ADJANOR