Le Président ivoirien, Alassane Ouattara avait remis le 30 juillet 2018 à Lomé une importante somme d’argent aux leaders de la C14. Jean-Pierre, ex-chef de file de l’opposition togolaise (photo) et président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) avoue finalement la réception de ce présent. Pour Jean-Pierre Fabre, il s’agissait du « cadeau » qui a  empoisonné l’opposition et la lutte politique au Togo.

Dans une interview qu’il a accordée au journal Le Correcteur paru le 23 novembre, Jean-Pierre Fabre a finalement reconnu la remise d’une somme d’argent à la coalition de l’opposition togolaise (C14) par Alassane Ouattara à Lomé à l’hôtel 2 Février à la veille du sommet des Chefs d’Etat de la CEDEAO prévu le 31 juillet 2018 à Lomé.

Le président ivoirien avait souhaité rencontré la coalition de l’opposition togolaise. Ce regroupement mettait à mal le régime de Faure Gnassingbé en réclamant l’opérationnalisation des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Le retour à la constitution de 1992 et le droit de vote des togolais de l’extérieur étaient les revendications phares.

Durant 2 heures d’horloge, Alassane Ouattara a échangé avec les 7 leaders composant la délégation de la C14. Il s’agissait notamment d’Antoine Folly de l’UDS-Togo, Paul Apévon des FDR, Brigitte Adjamagbo Johnson de la CDPA, Kossi Sama du PNP, Aimé Gogué de l’ADDI et de Jean-Pierre Fabre de l’ANC.

A l’issue de la rencontre, le président ivoirien leur a remis « un sachet contenant de l’argent », avoue Jean-Pierre Fabre qui précise que le Chef de l’Etat ivoirien signifiait que « la somme était destinée à soutenir les activités de l’opposition ».

L’ex-chef de file de l’opposition a pris soin d’ajouter qu’aucun d’entre eux n’avait cherché à connaître le montant de cet argent » sur le champ. C’est après que le contenu avait été dévoilé : il s’agissait d’une somme de trente millions de FCFA  et l’argent a été remis selon ses termes au trésorier de la C14, Laurent ATSU. Cette somme,  ajoute-t-il devrait servir à prendre soin des militants du Parti national panafricain PNP et l’organisation des manifestations de la C14.  

Jean-Pierre Fabre regrette que cette histoire d’argent qui a causé du tort à sa personne et à son  parti ANC et plombé la lutte pour l’alternance.