Me Apollinaire Yaovi Agboyibo a reçu, le jeudi 09 décembre 2021, des hommages d’avocats et d’anciens avocats du Togo et d’ailleurs. Une cérémonie d’hommage et d’oraison s’est tenue à l’occasion au Palais de la Justice de Lomé où Me Robert Dossou, bâtonnier du barreau du Bénin, a déclaré que le défunt avait « inspiré la signature de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples au Bénin»

Le « Bélier noir » va être inhumé  ce samedi 11 décembre 2021 à Kouvé dans la préfecture de Yoto. Avant d'entrer dans sa dernière demeure, ses pairs du barreau togolais et ceux de la sous-région ouest africaine ont tenu à lui rendre un dernier hommage. « Nous lui devons d'abord d'avoir ouvert grandement les portes de la profession d'avocat à bon nombre d'entre nous », a déclaré lors de la cérémonie, Me. Christine Ekoue-Kouvahey, représentante des anciens avocats collaborateurs du Cabinet Agboyibo

 C'est au cours d'une sobre cérémonie organisée jeudi 09 décembre à la maison de la justice à Lomé, maison qui l'a vu régner en tant que bâtonnier de 1987 à 1990. «Agboyibo a été l'un des initiateurs de prise de corps des droits de l'homme ici en République. Et c'est de cette initiative que je me suis inspiré pour aller voir le président Mathieu Kérékou pour qu'il fasse ratifier la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples», a révélé Me Robert Dossou,  Bâtonnier du barreau du Benin. Le Bénin a ratifié la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples [Charte Africaine] en 1986.

Homme politique, Me Apollinaire Yaovi Agboyibo fut un avocat hors pair. Il a été le père, le mentor et le formateur de plusieurs avocats au Togo. Agboyibo, mort le 31 mars 2020 à l’âge de 77 ans, a aussi fondé le Comité d’action pour le renouveau (CAR), qu’il a dirigé jusqu'en 2008. Premier ministre de 2006 à 2007, il est aussi auteur de plusieurs ouvrages et documents publiés dont le plus récent paru quelques mois avant sa mort, «Ce que les anciens m’ont dit sur Kouvé », une monographie sur l’histoire de son village natal.