Dans un communiqué de presse  publié ce jour, l’ONG  de défense des droits humains Amnesty International  a dénoncé les répressions et les meurtres qui se poursuivent sur le territoire togolais malgré le nombre de décès déjà enregistrés. L’organisation, lève le doute sur l’authenticité de la vidéo qui montre l’assassinat par balle d’un enfant de 12 ans et condamne la série de répressions dans plusieurs villes du pays.

«  Depuis le 8 décembre, au moins quatre personnes ont été tuées dans des actes de violence liés aux manifestations, dont un garçon de 12 ans qui a reçu une balle dans la tête. Des affrontements entre manifestants et forces de sécurité ont été signalés dans tout le pays. De nombreux manifestants ont été blessés par balles dans la capitale Lomé et dans la ville de Sokodé, au nord du pays. Les manifestants ont également brûlé des pneus et érigé des barricades dans la rue. Quatre membres des forces de sécurité ont été blessés » résume le communiqué de l’organisation.

Ces faits récents ont amené les experts de Amnesty International à faire certaines enquêtes sur le terrain. Résultat : Pas de doute les faits  qui sont dévoilés  dans la vidéo qui a abondamment  circulé sur les réseaux sociaux sont bien réels. Prenant en riposte le ministre de la sécurité qui a affirmé au lendemain du drame que la vidéo avait été montée, Amnesty soutient que l’élément visuel est authentique.

 « Les experts en vérification numérique d’Amnesty International ont pu authentifier une série de vidéos de sites de démonstration qui semblent avoir été filmés le 8 décembre. Une vidéo a confirmé que le garçon de 12 ans a été tourné dans le quartier de Togblékopé, à environ 5 km au nord de la capitale Lomé. Une autre vidéo montre un membre des forces de sécurité dans une camionnette noire visant un groupe de manifestants avec un fusil à lunette ».

 

« Même après la mort d’un enfant, les autorités togolaises continuent d’alimenter la violence en déployant des militaires armés sur des sites de protestation, ce qui risque d’exacerber une situation déjà tendue », s’est indignée dans la foulée Evelyne Petrus Barry, directrice du programme Afrique occidentale et centrale d’Amnesty International.

 

« Alors que les pressions s’intensifient à l’approche des élections, nous exhortons les autorités à respecter le droit de réunion pacifique et à prendre toutes les mesures nécessaires pour que ces affrontements ne fassent plus de victimes. Ils doivent également mener des enquêtes approfondies, indépendantes et impartiales sur la mort des manifestants et veiller à ce que tous les responsables soient traduits en justice », recommande par conséquent l’organisation.

 

Amnesty International considère par ailleurs  que les manifestations dans le pays ont été interdites pour des motifs vagues et arbitraires et contreviennent aux obligations internationales du Togo de respecter le droit de réunion pacifique.