La plateforme d’écoute et d’échanges d’informations ; d’expériences des femmes entrepreneures : « 50 millions de femmes ont la parole » a officiellement pris corps au Togo. Couplée avec un atelier, la cérémonie de mise en place de l’équipe pays a lieu ce 18 janvier 2018 à Lomé en présence de Mme Tchabinandi KOLANI-YENTCHARE, Ministre de l’Action Sociale, de la promotion de la femme et de l’Alphabétisation. Initié par la Banque Africaine de Développement (BAD) en collaboration avec quelques organisations sous régionales telles que la CEDEAO, le Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe (COMESA) et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), le projet « 50 millions de femmes ont la parole » vient accompagner les femmes entrepreneures en matière d’informations et d’échanges d’expériences.
Le projet vise à accroitre la capacité de la gent féminine à avoir accès à l’information financière et non financière; à faciliter l’apprentissage entre-elles et l’accès aux opportunités de financement des affaires, à créer des réseaux et à établir des relations de partenariats avec des personnes et structures capables de les aider à se développer et à soutenir leurs entreprises. Selon Salimata THIAM, responsable des programmes genre au Centre de la CEDEAO pour le développement du genre : « Nous avons trouvé qu’il était opportun de mettre en place des équipes pays qui ont pour mission de suivre le projet au nom de la CEDEAO dans chaque Etat. Leur mission est de valider toutes les données qui seront recueillies par la consultante qui a été recrutée pour les accompagner dans le travail qu’ils auront à faire. L’équipe pays également va servir d’ambassadrice du projet au niveau gouvernemental, auprès également du secteur privé mais aussi auprès des femmes bénéficiaires qui sont les femmes entrepreneures.» Cette initiative s’inscrit dans la droite ligne des Objectifs de Développement Durables des Nations Unies, de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et de la Vision 2020 de la CEDEAO qui font de l’autonomisation de la femme et l’équité genre, des priorités pour le développement humain durable.

Onzième pays de la sous-région ouest africaine à s’engager officiellement dans la mise en œuvre de cette initiative continentale qui vise à faciliter l’autonomisation des femmes et des jeunes filles, cette plateforme vient à point nommé donner un coup de mains à l’entrepreneuriat, surtout féminine surtout en ces périodes où il y a besoin de partage d’opportunités et de savoir-faire. « Le Togo salue la présente initiative et accueille favorablement le projet « 50 millions de femmes ont la parole » dont le but est de créer pour les femmes entrepreneures, une plateforme de réseautage dynamique qui les reliera les unes aux autres de manière à favoriser l’apprentissage entre pairs, l’encadrement et le partage d’informations et de connaissances au sein des communautés.

Ce projet permettra également aux femmes d’accéder au financement du commerce et aux opportunités commerciales entre les zones urbaines et rurales, ainsi qu’aux opportunités transfrontalières et transnationales », a laissé entendre la Ministre de l’Action Sociale, de la promotion de la femme et de l’Alphabétisation.

La conclusion de certaines études a prouvé que les femmes souffrent en matière d’entrepreneuriat. D’après ces études, 70 % des PME détenues par les femmes dans les pays en développement ne bénéficient pas ou pas assez des services offerts par les institutions financières, ce qui entraine du coup, un déficit de financement de 285 milliards de dollars US.
En Afrique noire, le déficit financier des femmes est évalué à plus de 20 milliards de dollars, indiquant ainsi que les femmes entrepreneures, font face à de grosses difficultés qui ont pour genèse, le faible niveau d’instruction et de formation entrepreneuriale, le difficile accès au financement, la persistance des barrières socioculturelles.

Désiré Agbémégno