Motiver  les Togolais à dénoncer des cas de  corruption dont ils sont victimes en leur portant assistance, tel est le souci majeur de l’ANCE qui a organisé ce 28 novembre 2019, une conférence  dans un hôtel de Lomé. L’objectif est de lancer le projet d’opérationnalisation des centres d’assistance juridique  et d’action citoyenne (CAJAC).

Nul n’ignore que la corruption est un fléau mondial qui touche tous les pays. C’est ce qu’a rappelé Wiyao Essohana, Président de la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) dans son mot d’ouverture. Il a rappelé les conventions et les protocoles d’accords  sur la corruption ratifiés par le gouvernement togolais. Dans le cadre de la lutte contre ce fléau, « il faut associer la société civile », a-t-il rappelé. C’est pour cela, ajoute t-il, la HAPLUCIA a initié un cadre de concertation avec la société civile. Aussi, a-t-il précisé également que son institution a demandé à la société  civile dont l’Alliance nationale des consommateurs et de l’environnement (ANCE), l’Alternative leadership group, la Ligue des Indépendants pour la Transparence (LIT) de présenter des modules sur la corruption. Et pour lui, l’ANCE demeure la meilleure partenaire de la HAPLUCIA.

Pour conclure, M. Wiyao Essohana a témoigné que les centres d’assistance juridique et d’actions citoyennes (CAJAC) sont un appui à la HAPLUCIA.

Avant son intervention, le représentant de l’UE a loué les réformes du gouvernement togolais dans le ferme engagement de la bonne gouvernance à savoir la tolérance zéro pour les cas de corruption. Pour celui-ci, il reste l’arsenal juridique pour concrétiser le projet Pro–CEMA.  Le représentant de l’UE n’a pas hésité à dire que la lutte contre la corruption  porte déjà des fruits. Il en veut pour preuve le démantèlement par la police des réseaux de contraventions au niveau de la confection des reçus dont le principal auteur, un commissaire, se trouve derrière les barreaux ; l’affaire de corruption dans la construction de la route Lomé-Vogan-Anfoin, l’affaire de la CAN dont la corruption aurait emporté 600 millions de francs CFA comme par enchantement. Tous ces dossiers ont fait l’objet des enquêtes par la HAPLUCIA qui a remis ses conclusions au Procureur de la République. La dernière prouesse du gouvernement togolais, en matière de la transparence, conclut le représentant de l’UE,  est l’adoption de la loi sur la déclaration du patrimoine ou des biens des autorités avant leur prise de fonction.

Au cours de cette conférence, deux communications ont meublé les travaux dont les thèmes : « Présentation du projet Centre d’assistance et d’actions citoyennes » et « Outils de dénonciation des cas de corruption » sont présentés successivement par M. Ouro Sama Samiroudine, coordonnateur régional Sokodé et M. Gueme Dodji Kodjo, économiste et chef des programmes à ANCE-Togo.

Rappelons que l’ANCE sous la houlette de Dr Fabrice Ebeh a décentralisé les centres d’assistance juridique. Ainsi, à Lomé, à Kara et à Sokodé, les CAJAC sont déjà opérationnels. Bientôt Dapaong, Atakpamé connaitront leurs centres. Par ailleurs, pour assister les Togolais à mieux dénoncer, sans crainte,  les cas de corruption, un numéro vert en l’occurrence 8287 est mis à leur disposition par l’ANCE. Il sied de préciser que le premier CAJAC, dans le monde, a été lancé en 2003.

ADJANOR Gbedode