S’il y a un phénomène qui devrait inquiéter les populations togolaises et particulièrement les jeunes en quête de l’emploi, eh bien ce sont les concours qui sont lancés à la veille de chaque élection. Ledit phénomène a commencé en 2018  à la veille des élections législatives. Des concours sont lancés dans tous les sens. L’Office togolais des recettes, le ministère de l     a justice, le ministère de la sécurité et de la protection civile et consorts ont été des vedettes pour susciter l’appétit des chômeurs, des sous employés  et ceux qui sont en quête de l’emploi.

A la veille des élections municipales de Juin 2019,  tantôt  c’est l’Ecole nationale d’administration, tantôt c’est le ministère de l‘agriculture, le ministère la justice qui jettent l’appât pour attirer les poissions dans l’Océan atlantique. 

Nous voici à la veille des élections présidentielles de février 2020, et c’est le ministère de l’Economie et des finances qui sort de sa réserve légendaire. 700 agents à recruter dans la fonction publique.

 Ces concours tous azimuts étaient juste pour avoir les ressources humaines nécessaires pour battre campagne au côté du parti au pouvoir et  de ses satellites déguisés en candidats indépendants.

Ainsi, ceux qui voudraient réussir à ces pseudo-concours,  étaient invités à battre campagne. Une fois les élections passées, les résultats deviennent de véritables serpents de mer. Il faut attendre des mois, des trimestres, voire  des semestres pour que des résultats fabriqués de toute pièce sortent des laboratoires bleu-blanc.  Soit des listes avec des noms des cousins et cousines d’un ministre, d’un directeur de société d’Etat, d’un baron ou  d’une seule ethnie.

Aucune transparence dans le recrutement pour  la fonction publique. Et pourtant le nouveau statut de la fonction publique adopté nuitamment  le 21 Janvier 2013 prévoit la mise en place d’un conseil supérieur de la fonction publique, un organe mixte qui sera composé des démembrements du gouvernement et des acteurs de la société civile pour veiller au grain. Mais cette structure est mise entre parenthèses depuis sept ans et le ministère de la fonction publique seul continue de recruter dans l’opacité totale les agents de l’Etat.

On en est là lorsque par un communiqué en date du 22 janvier 2020,  le ministère de la fonction publique, du travail, de la réforme administrative  et de la protection sociale, porte à la connaissance  du public togolais, l’organisation d’un concours national de recrutement de 700 fonctionnaires, pour le compte du ministère de l’économie et des finances dans les centres des Lomé et de Kara.

Et c’est ce lundi 27 janvier 2020, que s’est ouvert le dépôt des dossiers pour ce concours pour prendre fin  le  27 février 2020 à 17 heures et les épreuves écrites prévues pour le 27 mars 2020.  Trop de calculs politiciens sont cachés derrière ces  recrutements qui laissent souvent sur le carreau les vraies compétences aux dépens de la médiocrité, du  militantisme aveugle et du népotisme qui font plus de tort au  développement du pays.

Le  ministre  de la fonction publique, du travail, de la réforme administrative  et de la protection sociale, Gilbert Bawara (photo)  est appelé à une repentance.   

 

 Eyram Akakpo