La crise sanitaire qui secoue le monde entier fait accroître le nombre de chômeurs dans plusieurs pays. Au Togo, les plus touchés par cette crise sont les tenanciers des débits de boisson et de restaurants qui ont pratiquement fermé leurs lieux de travail, laissant plusieurs jeunes servants et servantes au chômage et dans la précarité.

A Lomé, la plupart des débits de boisson et les restaurants démarrent leurs activités entre 18h et 19h. Avec l’avènement du coronavirus, le gouvernement togolais a décrété depuis le 1er avril une période d’état d’urgence et un couvre-feu qui commence à partir de 20h T.U. Cette situation paralyse les activités économiques des bars et restaurants qui sont obligés de fermer leur business et de laisser leurs employés au chômage.

A Avédji, carrefour limousine, l’un des coins chauds de ville de Lomé, un détenteur de débit de boissons s’inquiète. « Nous ouvrons habituellement à 18h mais la majorité nos clients viennent à partir de 22h et nous travaillons jusqu’à 2h ou 3h du matin ; aujourd’hui avec le couvre-feu, nos activités sont bloquées et nous ne travaillons pratiquement plus. Ce qui inquiète est qu’on ne sait pas quand cela va finir. Nous payons quotidiennement nos agents mais avec l’arrêt des activités c’est difficile pour nous de les gérer. Nous ne les payons plus », a laissé entendre ce tenancier de bar.

« Nous avons fermé momentanément notre restaurant à cause du covid19 et des mesures prises par le gouvernement pour éviter sa propagation. Nos employés sont actuellement en chômage technique. Il est difficile pour nous de les payer à chaque fin du mois étant donné qu’on n’a plus de revenus. Nous n’avons aucune aide, comme cela se fait dans d’autres pays pour garder les employés. Nous comptons les rappeler quand les choses vont se normaliser», explique Josiane, gérante de restaurant.

Les débits de boisson et restaurants étant fermés, les employés sont au chômage et ne savent plus à quel saint se vouer.

Gertrude, servante dans un bar à Bè-Kpota, affirme qu’elle traverse une période dure de sa vie. «Je travaille dans un bar où nous ouvrons à 17h30, pour finir tard dans la nuit. Parfois à 1h ou 2h du matin. Je suis rémunérée à 25 mille francs et c’est là que j’arrive à payer mon loyer et nourrir mes deux enfants. Depuis cette crise de coronavirus et le couvre-feu, nous ne travaillons plus et nous n’arrivons presque plus à manger à la maison. Je traverse une période difficile », a-t-elle raconté.

Pour venir en aide au plus vulnérable, le gouvernement a initié un “Programme de Revenu Universel de Solidarité « Novissi »”. C’est le nom du programme de transferts monétaires annoncé par l’État togolais dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus (COVID-19). Ce programme, selon le gouvernement, vise à soutenir tout Togolais ayant perdu son revenu en raison de l’adoption des mesures de riposte contre le Coronavirus dans le pays. Le gouvernement offrira aux personnes vulnérables, des soutiens financiers mensuels durant la période de l’état d’urgence. Pour être éligible à ce programme, il faut être de nationalité togolaise et résidant au Togo, avoir 18 ans d’âge au moins, disposer de la carte d’électeur. « Pendant toute la durée de l’état d’urgence, les bénéficiaires du programme NOVISSI recevront un soutien financier mensuel d’un montant minimum de 12 250 FCFA pour les femmes et de 10 500 FCFA pour les hommes, avait indiqué le gouvernement.

Bon nombre de Togolais chômeurs causés par le covid19, sont délaissés dans ce programme d’aide du gouvernement. « J’ai rempli toutes ces conditions mais je n’ai malheureusement  pas pu bénéficier à ce programme du gouvernement. Ils m’ont envoyé un message disant que je ne suis pas éligible. Si j’avais toujours mon activité je n’allais pas me plaindre», affirme Gertrude.

« Nous sommes au total 7 filles travaillant dans ce bar sans compter le gérant et les DJ. Nous vivons tous aujourd’hui les mêmes situations », a-t-elle ajouté.

Vivant dans la précarité et sans aucune lueur d’espoir à l’horizon, ces catégories de Togolais s’en remettent plutôt à la providence. « Dieu le fera ».

Eyram AKAKPO