Le Comité technique du cadre de concertation du gouvernement et du secteur privé s’est réuni le vendredi 15 mai 2020 sous la présidence du Ministre de l’Economie et des Finances, Sani Yaya. Cette rencontre a vu la participation d’autres  ministres, des émissaires de la BCEAO, et des acteurs du secteur privé.

La crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus a d’énormes répercutions sur l’économie mondiale et suscite des inquiétudes  au niveau des gouvernements et des milieux d’affaires. Au Togo, en dépit des  mesures fiscales prises par le gouvernement pour soutenir les entreprises, les ressources budgétaires ont chuté de 578,4 milliards à 348,4 milliards de F CFA, avec une baisse des recettes fiscales d’environ 198 milliards de francs CFA, rallongée par une baisse des recettes non fiscales et de services de 32 milliards.

Ces données ont été   annoncées au cours d’une rencontre du comité technique du Cadre de Concertation entre le gouvernement et le secteur privé.

Selon le Ministre Sani Yaya,  le taux  de croissance du PIB togolais ressortirait de 1,3% et pourrait même connaitre une contraction de 1,5% en 2020 dans l’hypothèse la plus pessimiste.

Ces données communiquées à l’ouverture de la rencontre résultent de la dernière  révision du cadre macro budgétaire. Ces dispositions prises  pour combattre la propagation de la covid-19 a  eu d’énormes impacts négatifs sur le secteur de l’économie. «Ces mesures drastiques qui impactent très négativement les échanges commerciaux  mondiaux  associés aux mesures fortes prises au niveau régional et au plan national pour endiguer la propagation du covid-19, ont eu un impact négatif sur tous les secteurs de l’économie nationale, du secteur informel,  PME/PMI aux grandes entreprises, le secteur tertiaire (commerce, services, voyage et tourisme)  étant le plus touché » a déclaré Sani Yaya.

Début avril 2020, les autorités togolaises faisaient état d’une légère hausse de la croissance avec des chiffres qui tournent autour de 2,1 à 2,5%, contre  une prévision initiale de 5,5%. «L’activité est ralentie et le taux de croissance économique certainement va être impacté. Nos estimations primaires nous amènent à un ralentissement de l’ordre de la moitié  pour l’instant », avait déclaré le Ministre de l’Economie et des finances,  Sani Yaya.

Par ailleurs, dans un communiqué publié le 3 avril 2020, le Fonds Monétaire International (FMI) indiquait que « les perspectives macroéconomiques du Togo sont sujettes à une grande incertitude. »

Malgré ces conséquences négatives du Coronavirus sur l’économie,  les autorités gouvernementales  se veulent rassurantes vis-à-vis des acteurs du secteur privé quant à la gestion de cette crise. Pour une issue favorable, une stratégie à triple dimension qualifiée de stratégie en «3R», à savoir la Riposte, la Résilience et la Relance est annoncée.

« Pour la relance de l’activité économique, le gouvernement s’engage à accompagner les jeunes entrepreneurs qui viennent de lancer leurs activités, à soutenir la production agricole en vue d’une autosuffisance alimentaire, à adopter des mesures de soutien à la consommation, à la production et à la sauvegarde de l’emploi. Pour financer toutes ces initiatives, le gouvernement, sur la haute orientation du Chef de l’Etat, a mis en place un Fonds national de riposte et de relance économique d’un montant de 400 milliards de francs CFA, alimenté par le budget de l’Etat, les partenaires internationaux, le secteur privé national et international et toutes les bonnes volontés », a indiqué Sani Yaya.

« Conformément à la stratégie adoptée par le gouvernement, 110 milliards de francs de ce Fonds sont affectés aux actions de riposte, 110 milliards à la résilience et 180 milliards à la relance économique », a-t-il ajouté.

« Je note que le secteur privé a présenté une série de doléances qui est issue de leur analyse des impacts du covid. Je relève que le gouvernement a apporté de façon proactive et de façon anticipée des réponses précises et claires aux doléances », a martélé Sani Yaya./.

 

Eyram AKAKPO