Le ministre de l’Irrigation et des Ressources hydrauliques Dr Mohamed Abdel Aati a affirmé que l’Egypte est confrontée à de gros enjeux hydrauliques notamment avec la hausse de la demande, que ce soit de l’eau potable ou des secteurs agricole ou industriel. S’ajoutent à cela l’entretien et la gestion des problèmes liés aux réseaux, la réduction des gaspillages et le règlement des problèmes générés de l’extérieur, a-t-il poursuivi. Et le ministre de souligner que l’Egypte est le premier pays en Afrique qui utilise l’eau de façon optimale, soit à 90%, selon des rapports internationaux.

Lors de sa participation à une conférence virtuelle sur les défis de l’agriculture égyptienne à l’heure du coronavirus, le ministre Abdel Aati a indiqué que l’Etat égyptien travaille sur un projet qui consiste à acheminer de l’eau via des conduits souterrains pour préserver l’or bleu et l’acheminer jusqu’au paysan sans gaspillage, lit-on dans le quotidien égyptien Al-Youm Al-Sabi’.

« Ceux qui prétendent que l’Egypte se taille la part du lion des eaux du Nil ont tort », a par ailleurs noté le ministre de l’Irrigation et des Ressources hydrauliques, soulignant que l’Egypte obtient le minimum de ses droits nilotiques et que les Egyptiens occupent 6% seulement du territoire car le reste est un vaste désert dépourvu d’eau et par la suite, dénudé de plantations.

Dr Abdel Aati a également signalé que 94% des terres en Ethiopie sont des terres vertes, s’interrogeant comment l’Ethiopie répète souvent que l’Egypte se taille la part du lion. « Cette allégation est dénuée de tout fondement et personne n’y réplique », a-t-il dit, affirmant que l’Ethiopie dispose de plus de 100 millions de têtes de bétail qui consomment 84 milliards de mètres cubes d’eau, soit l’équivalent des parts de l’Egypte et du Soudan à la fois. « C’est une vérité dont tout le monde doit être conscient », a-t-il relevé.

Et le ministre de préciser que les gros défis hydrauliques auxquels est confrontée l’Egypte la poussent à adopter un système d’irrigation moderne afin d’exploiter à titre optimal ses ressources en eau et recycler les eaux usées pour être en mesure de répondre à la demande croissante, d’une part, et de réduire la pollution, de l’autre.

Dr Abdel Aati a également affirmé que la rationalisation de l’utilisation de l’eau ne se limite pas à l’agriculture, mais s’étend à tous les secteurs concernés comme celui de l’habitat et de l’industrie. « Nous travaillons sur le dessalement des eaux de mer tout en ne perdant pas de vue nos besoins grandissants d’ici 2050 », a-t-il renchéri.