L’Association des usagers du service public togolais (AUSEP)  a effectué du 15 au 21 septembre 2020 une tournée  dans cinq villes des  régions  Maritime et des Plateaux.  Cette tournée s’inscrit dans  la deuxième phase  de sensibilisation des populations  des villes concernées sur deux thématiques clés que sont le contrôle citoyen de l’action publique et la redevabilité parlementaire.

Contribuer à la bonne gouvernance administrative et parlementaire, tel est le but poursuivi par l’association des usagers du service public togolais (AUSEP)  à travers son projet dont l’une des activités est justement cette tournée de sensibilisation. Cette activité de sensibilisation a concerné cinq villes notamment celles de Vogan,  Tabligbo, Tsévié, Notsè et Kpalimé sur les deux thématiques du contrôle citoyen de l’action publique et de la redevabilité parlementaire.

Partout où la délégation de l’AUSEP est passée, c’est un réel enthousiasme autour de ces thématiques développées par les consultants coptés pour la circonstance.

En effet, la thématique sur le contrôle citoyen de l’action publique  (CCAP) a été modérée par KPAKPABIA Colombo

Dans son exposé, l’orateur a pris soin de définir les terminologies de son thème.

 Il a ensuite  déclaré  que « l’originalité de l’approche contrôle citoyen de l’action publique  réside dans l’opportunité offerte aux populations de donner un avis sur les décisions touchant directement la gestion du patrimoine commun. »

Et de préciser que cette approche développe des principes et  mécanismes tendant  à: renforcer les capacités des populations à participer, négocier et contrôler la gestion de la chose commune;  obliger les décideurs à rendre compte de leur gestion des affaires dont ils sont mandataires; améliorer la performance des programmes de développement commun grâce à une utilisation plus rationnelle des ressources et une meilleure identification des besoins et priorités.

Le CCAP, a encore martelé monsieur KPAKPABIA, « pose de manière inéluctable le dialogue entre électeurs et élus, fonctionnaires et citoyens, dépositaires et donneurs de charges publiques, fournisseurs et bénéficiaires de services. Chaque acteur à quelque niveau qu’il se situe doit faire preuve davantage de responsabilité pour que la gestion des affaires communales soit transparente, démocratique, efficiente, durable et équitable. Donc cette approche pose les questions clefs de la transparence, de la participation, de la responsabilité, de la citoyenneté, bref de la gouvernance».

 Placée  au cœur des stratégies de lutte contre la pauvreté, le contrôle citoyen de l’action publique  « vise une gestion plus  efficiente des ressources de manière à ce qu’elles soient orientées vers des secteurs prioritaires au bénéfice des populations vulnérables», a fait remarquer Colombo KPAKPABIA.

Quant au thème sur la redevabilité parlementaire, son  développement a été l’œuvre de monsieur KARIYIARE Kampatibe.

Celui-ci a décliné aux participants les missions  d’un parlement. C’est ainsi qu’il a touché du doigt la fonction législative.

« La fonction législative ne se limite pas uniquement à voter les projets de lois initiés par le gouvernement. Les députés partagent cette prérogative avec l’exécutif, tel que le stipule l’article 83 de la constitution: l’initiative des lois appartient concurremment aux députés et au gouvernement », a t-il laissé entendre.

Il a regretté l’absence d’initiative parlementaire lors des différentes législatures qui font souvent offices de « simples  chambres d’enregistrements des projets de lois ».

Il a également évoqué  la fonction de contrôle du gouvernement que doit exercer le parlement avant de pointer un doigt accusateur sur les freins à un tel exercice.

Aussi monsieur Kariyiaré a-t-il  abordé dans sa communication, les missions extra parlementaires  des élus jouant des fonctions « de représentants des populations, d’assistants sociaux, d’intermédiaires et de conseillers entre les administrations et la population ».

Il  a  appelé  les  parlementaires  à  être  transparents, accessibles, responsables et  surtout efficaces en organisant  des travaux parlementaires conformément aux normes et valeurs démocratiques.

La redevabilité appelle les parlementaires à rendre compte de ses actions et défendre les intérêts de ses mandants. « Les députés togolais sont accusés à tort ou à raison de portés disparus qui n’apparaissent qu’à quelques jours de nouvelles joutes législatives. Au pire ils sont jugés inaccessibles par leurs électeurs dans une situation de barrière imaginaire entre eux et leurs populations», a déploré le consultant.

L’institution parlementaire est perçue comme éloignée des attentes des populations et reste comme un prolongement sinon une source de légitimation des actions gouvernementales.

« Le caractère public des séances de l'Assemblée nationale sont édulcorées au profit des séances à huis clos de sorte que les débats parlementaires sont fermés aux populations », regrette également M. KARIYIARE.

C’est pour agir sur  ces différents manquements que l’Association des usagers du service public (AUSEP) a initié le projet d’appui à l’instauration de la bonne gouvernance administrative et parlementaire (PAGAP), lequel a reçu le financement  de l’Union européenne à  travers le Programme de consolidation de l’Etat  et du monde associatif (Pro-CEMA).