Le suicide qui est en quelque sorte un cri du cœur a lieu presque chaque minute dans le monde. Aussi bien qu’il fait couler beaucoup d’encre, il fait également plus de victimes en vie que mortes.

Selon plusieurs structures publiant des statistiques en matière de suicide, dont les données fluctuent, le taux de suicides est toujours alarmant sur la planète et surtout dans les pays développés; beaucoup plus en France où le stress est de loin très élevé à cause de beaucoup de paramètres sociaux. Les tentatives de suicide ne sont  pas du reste moins alarmantes car elles dénotent plus que bien la détresse des candidats au suicide et la pression qui oppresse les populations.

Dans la plus grande majorité des cas, les candidats ont consulté leur médecin avant d’agir. Est-ce un avertissement ou un appel au secours ? Seules des investigations plus approfondies détermineront ces consultations pré-mortelles, car les causes susceptibles de pousser au suicide sont difficiles à déterminer.

Devrait-on se fier à la légende qui attribue le suicide à la fatalité, sans courir le risque de se tromper sur le libre arbitre du candidat ?

Selon certains chercheurs, il est possible de prévenir le suicide, du fait que 50% des personnes l’ayant tenté récidivent souvent. L’on pense pour cela qu’une prise en charge  bien faite de la souffrance et des autres symptômes tels que : l’alcoolisme, les maladies mentales et surtout la dépression d’un exemple d’échantillon de millions de personnes, pourrait faire école.

Des estimations indexent au moins 10% d’hommes et 20% de femmes dans le risque de contracter les symptômes du suicide au cours de leur existence, sans pour autant que leur symptôme soit identifiable ; soit qu’ils pourraient se suicider pour des raisons non valables ou sans aucune raison.

Au Togo, les raisons primordiales du suicide sont d’ordre social, sentimental. L’anxiété, chômage accru, déception amoureuse, telles sont les causes qui poussent certains Togolais à se donner la mort. Pendant cette crise sanitaire, on a enregistré deux cas dont un enseignant d’une école privée qui n’a pas bénéficié du programme Novissi, parce que l’Etat estime que cette catégorie d’enseignants privés doit avoir recours à leurs directeurs fondateurs. Une injustice qui a créé des frustrations. Certains n’en pouvaient plus ont fait le choix du suicide comme ce pauvre enseignant laissé pour compte. Il a pris soin de laisser une lettre expliquant la raison de son suicide.

D’autres, ne supportant pas des déceptions sentimentales, pensent que se suicider est la solution. C’est le cas d’un mécanicien qui, pendant longtemps, a entretenu une relation amoureuse avec une fille qui cette année, devenue cocue, l’a quitté sans raison valable. Une telle séparation, non consommée, a fini par avoir de ce mécanicien, qui un bon matin, est trouvé mort. Avant de se donner la mort, a laissé un papier écrit pour expliquer la raison de son suicide.  

Pour conjurer le risque, une communication assidue, une écoute et une réelle prise en charge sont autant de thérapies raisonnables pour amener les candidats au suicide à renoncer à leur macabre entreprise. Il y a aussi cependant des anti- dépressifs et des déstressants (à ne pas exagérer sans doute) auxquels on pourrait, en cas de force majeure, recourir.

Surtout le dialogue continuel a de fortes chances de changer les avis suicidaires car, bien de parents ou de proches croient que tout candidat au suicide, qui parle  de ses projets macabres, ne pourra pas les mettre à exécution. Ils sont derrière la plaque. Il faut un dialogue tous azimuts.

Beaucoup de situations d’instabilité sont à la base de suicides, tels que la solitude, le chômage, les échecs, la violence, l’exclusion et beaucoup d’autres encore. Ce qui fait du drame une véritable plaie pour la société.

La psychiatrie française, confrontée à une grande misère, n’arrive pas à faciliter une meilleure prise en charge. Cela dénote le fait qu’Autrichiens et Danois, à qui le moindre acte suicidaire n’échappe pas, puissent étaler une statistique alarmante et au-dessus de celle des Français. Mais cela dit, les statistiques françaises sont au-dessus de celles des Japonais pour qui le suicide est culturellement et traditionnellement considéré comme un acte honorable suivant les circonstances dans lesquelles il est commis. Les Américains eux sont encore plus loin du fait de leur civilisation libertine et très opposée à celle des Italiens et des Britanniques.

Si certains pays ont obtenu de bons résultats, c’est par rapport à la précaution qu’ils ont prise d’identifier les menaces dans les entreprises ou face aux situations d’isolement et de précarisation d’information massive qu’ils ont initiée.

Les familles où le suicide est fréquent, mais pas héréditaire, sont largement prises en charge pour un encadrement assidu, afin que le mal soit limité. Dans certains pays aussi, la limitation et la prévention du suicide passent aussi par la protection des instruments éventuels de suicides que sont ponts, voies ferrées, ou contrôle strict sur la vente des armes. Il faut noter que la candidature au suicide se retrouve dans n’importe quelle tranche d’âge.

 

Anges ADJANOR