Depuis quelques mois, il ne fait plus bon vivre d’être journalistes au Togo. Des arrestations musclées à des heures impossibles et des brutalités sont monnaie courante sur les hommes de médias. Après les mésaventures de Carlos KETOHOU de l’hebdomadaire « L’Indépendant Express » en décembre dernier,  c’est le tour  de trois jeunes journalistes togolais qui ont eu maille à partir avec les forces de l’ordre et de sécurité ce mercredi 03 février 2021 à Lomé. Pendant  que ceux-ci interviewaient un chef quartier qui sortait d’une convocation du préfet de Golfe Komlan Agbotsè, ils ont été arrêtés. Ils ont été relâchés plus tard après un long interrogatoire.

Les confrères Charles Kponwadan du site d’information Horizon-news, Anani  Vidzraku de radio Victoire et Romuald Lansou de la webtélé Togoinfos  ont été interpellés par les forces de l’ordre à la préfecture du Golfe.

Les 3 journalistes interviewaient Togbui Dagban-Ayivon IV, chef canton d’Adakpamé-Dabalakondji Bè au sortir d’un entretien avec le préfet, Komlan Agbotsè.

Un agent de sécurité à la préfecture leur a intimé l’ordre de supprimer leurs enregistrements  avant de leur retirer leurs matériels de travail et leurs téléphones portables. Ensuite,  ils ont été conduits à la brigade territoriale où ils ont été soumis à des interrogatoires. Selon des explications que nous avons recueillies auprès des trois confrères, le préfet  leur  reproche  d’interviewer le chef traditionnel  dans l’enceinte de la préfecture sans  son  avis.

« On a été amené à la brigade territoriale où il nous a été demandé si nous avons eu l’autorisation du préfet avant de faire l’interview à Togbui Dagban-Ayivon à la Préfecture… Nous avons donné nos explications », a déclaré le journaliste Kponwadan.

Les trois hommes de médias ont été relâchés après plus de deux heures d’arrestation. Ils ont laissé  des  empreintes digitales et sont tenus de se rendre disponibles pour répondre à d’éventuelles invitations de la Brigade territoriale du Golfe.

Le Togo continue de s’illustrer en prédateur de la presse et tout porte à croire qu’un complot est en train d’être ourdi contre les journalistes, suite à  la proclamation contestée de la victoire de Faure Gnassingbé à un quatrième mandat.