De tout temps, lorsque des citoyens sont victimes d'insécurité, ils recourent  aux forces  de sécurité. il est regrettable de constater que les forces de sécurité ne répondent pas  toujours promptement à leur sollicitation. Elles  arrivent souvent trop tard. Parfois, les malfrats opèrent aisément pendant de bonnes minutes et repartent facilement, avant que celles-ci   n'interviennent. A chaque fois qu'on appelle le numéro vert, c'est-à-dire le 117, l'agent à la réception prend du temps avant de répondre.  Parfois, s'il arrive qu'il réponde, il vous demande d'appeler un autre numéro. La victime croit avoir enfin le bon numéro. Que nenni! L'interlocuteur  l'invite à  nouveau  d’appeler un autre numéro  et ainsi de suite. Puis au finish, même si elles  vont intervenir, ces forces de l'ordre le font  tard, où l'irréparable est déjà fait.

Ce qui est ahurissant, lorsqu'au premier numéro, tu tombes   sur un  agent  de sécurité, il arrive qu’il vous  demande  de venir prendre une convocation pour le malfrat neutralisé par la population.

En effet, un jour, un vulcanisateur fut attaqué par l'un de ses enfants détraqué, drogué qui a menacé ses parents avec un couteau. Il a même poignardé l'un de ses petits frères. Toute la famille était cachée à l'étage. Tous les voisins dehors, cette nuit, suivaient la scène mais sont  restés impuissants, puisque le drogué a pris soin de bloquer le portail. Rapidement, le père appela le poste de police le plus proche. A sa grande surprise, l'agent lui a demandé de venir prendre une convocation ou de neutraliser l'enfant et de l'amener au commissariat. Les raisons évoquées d'habitude est qu'ils ne disposent pas de moyens de déplacement ou s'ils ont un véhicule, ils n'ont pas de carburant. Or, dans de pareils cas, l'intervention devrait être rapide pour sauver des vies.

Aujourd'hui, la question se pose de savoir si devant de pareils cas d'insécurité, c'est le citoyen  victime qui doit payer les agents de police ou de gendarmerie avant qu'ils n'interviennent. Les commissariats n'ont-ils pas un budget de fonctionnement? S'ils ne disposent pas de moyens financiers, est-ce qu'il revient à la population de leur régler ce problème, du moment où c'est l'argent du contribuable togolais qui paie leurs salaires?

Tout se passe comme si le citoyen pauvre n'a pas besoin d'assistance sécuritaire en cas de braquages ou d'attaques de bandits.

Par ailleurs, les populations remarquent que les patrouilles   ne se font plus comme aux temps de feu Eyadéma,  dans les quartiers où le pénombre couvre les grands malfrats qui dévalisent de pauvres citoyens. Or, aujourd'hui la population se rend compte que les forces de l'ordre disposent de véhicules balisés suffisants pour le maintien d'ordre et la sécurité des citoyens. Mais force est de constater que ces véhicules transportant ces agents circulent seulement sur les boulevards ou les rues dotées de lampadaires, bref dans les zones éclairées, alors que la populaton  a besoin d'eux dans les coins des quartiers où il n'y a pas de lampadaires. Leur présence dans les zones à risque pouvait   dissuader les malfrats à commettre les vols, les braquages, les meurtres gratuits qu'on enregistre quotidiennement.

Devant cette  situation,  il urge que le ministre de la sécurité, le Général YARK Damehame  (photo)  revoie sa copie. Les agents de la sécurité, selon leur tâche régalienne sont là pour assurer la sécurité des biens et des personnes. Ils sont au service des citoyens. Il n'est pas normal qu'en cas de difficultés, ces citoyens qui ont besoin de leur intervention rapide, les ignorent parce que ces victimes ne mettent pas la main à la poche. Si tel est le cas, à quoi bon avoir confiance à l'efficacité des forces de sécurité dont leur comportement laxiste et passif  frise une complicité dans ces crimes et délits dans le pays.

Anges Adjanor