La prostitution  est un phénomène qui s’accentue dans la capitale togolaise.  Elles sont des dizaines à prendre d’assaut les rues de Lomé les nuits. Mais ce qui saute à l’œil est la prostitution infantile. Nous avons surpris certaines filles dans le quartier Bè Kpéhénou, plus précisément dans la zone Better Bar.

Elles sont souvent âgées de 13 à 16 ans, collégiennes pour la plupart d’entre elles, qui envahissent les abords des bars et maquis et fonctionnent comme travailleuses de sexe.  La cause principale selon certaines de ces filles est la pauvreté. Certains parents à cause  de leur maigre salaire se trouvent de l’incapacité de subvenir aux besoins de la famille et  envoient leur fille  se prostituer. Afi  15 ans, élève en classe de 4ème, a déclaré ce qui suit : « nous mangeons difficilement à la maison. Papa est un agent de sécurité mais des fois, avec maman,  nous ne trouvons même pas à manger. Avec le peu que je trouve ici j’arrive à aider ma mère».   Pour Eugénie, élève de 14 ans en classe de 6ème, « je suis moi-même,  mon père et ma mère,  c’est avec ce métier que je paie mes scolarités. » Le phénomène devient très inquiétant puisque ces enfants arrivent à tirer aisément leurs camarades  dans la danse. 

 La prostitution infantile est-elle devenue une activité lucrative par rapport aux salaires locaux ?

La question mérite d’être posée d’autant que ces enfants prostituées arrivent à subvenir aux besoins de leurs familles mieux  que  leurs parents qui travaillent.  Certains font de ces enfants une entreprise puisqu’ils sont des proxénètes et perçoivent des pourcentages sur les revenus de ces enfants. « Des fois je peux trouver 30.000f dans la semaine. Il y a des clients qui sont gentils et qui peuvent te donner plus que ce que tu demandes. Je travaille les week-ends et  pendant les jours de classe, si mon patron me trouve un client il m’appelle aussi »,  nous a confié Afi.  Les tenanciers de bars de la zone reconnaissent les effets positifs que ces enfants ont sur leur chiffre d’affaires. « Les hommes viennent ici souvent les nuits pour chercher les filles. Et souvent c’est chez nous, autour d’un pot, qu’ils discutent les prix. Nous vendons beaucoup plus à partir de 22h ou 23h puisque c’est à l’heure-là que les enfants sortent», nous a livré un gérant de bar.

Il est très important que les autorités prennent leur responsabilité pour conscientiser les parents devant cette situation puisque ces enfants ignorent les risques qu’elles courent. Les conséquences pour ces enfants sont très négatives sur les plans physique et psychologique. La majorité de ces enfants ne franchissent pas la classe de 4ème et ont de la peine à apprendre un métier puisqu’elles sont habituées à trouver de l’argent facile.

Eyram Akakpo