Afin d’appuyer les producteurs agricoles et l’alimentation scolaire dans le territoire de Rutshuru dans la province du Nord Kivu, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et l’Organisation  des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont bénéficié d’une contribution de 27 millions de dollars canadiens de la part du gouvernement du Canada. C’est ce qu’appris l’Agence Corps Diplomatic Togo ce 15 Mars 2018.  Cet appui financier  va permettre au PAM et à la FAO de soutenir, pendant cinq ans, les paysans dans les domaines de la production durable, de la transformation, du stockage et de la commercialisation de produits agricoles. De plus, il s’agira également  d’assurer l’approvisionnement de 43 écoles en vivres produits localement. L’intervention du Canada cible au total 12.500 ménages de petits producteurs agricoles (environ 81.000 personnes) et 27.000 écoliers via deux programmes complémentaires.

Le premier programme développé conjointement par les deux organisations est appelé « Achat pour le Progrès », connu également sous son acronyme anglais « Purchase for Progress (P4P) ».  Financé à hauteur de 15 millions de dollars canadiens ce programme qui intègre des aspects productifs, sociaux et financiers, a pour objectif d’améliorer la production de denrées telles que le maïs, le haricot et le soja aussi bien en quantité qu’en qualité. Ainsi, les activités des « Champs Ecoles Paysans » qui seront planifiées permettront aux producteurs d’apprendre de manière participative les bonnes pratiques agricoles pour améliorer le rendement de leur investissement.

Des cultures maraîchères seront aussi promues pour faciliter la diversification de la diète, ainsi que le petit élevage (cobayes) afin d’assurer un accès aux protéines animales et de renforcer la nutrition des femmes vulnérables et des enfants malnutris. Cet appui vise également à réduire les pertes post récoltes et à faciliter l’accès des petits producteurs aux marchés. Au niveau social, près de 2.500 femmes seront également appuyées à travers un programme d’alphabétisation fonctionnelle afin de renforcer le leadership féminin. Les bénéficiaires ayant suivi cette formation avec succès recevront aussi un appui financier pour démarrer des activités génératrices de revenus (AGR) comme le petit commerce, la boulangerie, la restauration, etc.

La promotion de la culture d’épargne et les systèmes de crédit des communautés (AVEC), en particulier des groupes de femmes, contribueront également à leur autonomisation socio-économique et à l’égalité des sexes. Ce projet va également permettre de créer des actifs tels que des magasins de stockage, des hangars de marchés et des unités de transformation en faveur des organisations paysannes. L’objectif poursuivi est d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans les communautés bénéficiaires et de renforcer leur résilience.

Le second programme soutenu par le Gouvernement Canadien à hauteur de 12 millions de dollars canadiens est appelé « alimentation scolaire basée sur la production locale ». Il repose sur la production agricole à Rutshuru stimulée par le programme « P4P » et créera  une passerelle économique pour les petits agriculteurs locaux en leur assurant des débouchés pour leur production dans 43 écoles. A travers ce programme qui a été lancé fin 2017, les Organisations Paysannes qui participent à l’initiative ont signé des contrats pour livrer collectivement 90 tonnes de farine de maïs et 24 tonnes de haricot par mois dans les écoles appuyées par le PAM. Cela assure aux paysans un marché stable durant toute l’année scolaire.

 « Les deux programmes évoqués ci-dessus fonctionnent en complémentarité et présentent de ce fait un potentiel important car ils vont permettre de soutenir l’économie locale en stimulant les marchés locaux, tout en assurant à leurs enfants de bons scores nutritionnels et scolaires » explique Claude Jibidar, Directeur Pays et Représentant du PAM en RDC.

 « Nous nous félicitons du partenariat entre le Canada et les agences basées à Rome, notamment le PAM et la FAO, car il contribue à l’émergence d’une génération « Faim Zéro » tout en favorisant l’autonomisation socio-économique des femmes rurales » a ajouté Alexis Bonte, Représentant ad interim de la FAO en République Démocratique du Congo.