Interviews

Les 20 et 21 Avril 2018, le Ministre Gabonais des Affaires Etrangères et Président de la Conférence des Ministres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) a séjourné à Lomé, la capitale togolaise. A cette occasion, il a rencontré son homologue togolais, le professeur Robert DUSSEY. Les deux personnalités ont eu lors de ce séjour du Ministre Gabonais une rencontre destinée à jeter les bases d’un imminent sommet conjoint entre la CEEAC et la CEDEAO  devant plancher sur les questions de paix, de sécurité et de lutte contre l’extrémisme violent dans les deux sous-régions. Cette rencontre a connu la participation, outre des deux ministres, de  François Fall, représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU pour Afrique centrale, son homologue pour l’Afrique de l’Ouest, Docteur Mohamed Ibn Chambas et le secrétaire général de la CEEAC, Ahmad Allam-Mi. L’annonce de ce sommet réjouit énormément la Consule Générale de la République Centrafricaine  au Togo. Marie-Thérèse  AKIBODE-ZOUNGOULA (en photo, foulard rouge au cou),  puisqu’il s’agit d’elle, se prononce sur ce sujet et d’autres questions d’actualité. Elle a accepté volontiers, se prêter aux questions de l’Agence de presse « Corps Diplomatic Togo».

Lisez plutôt.

 Madame la Consule Générale, que vous suggère l’annonce de ce sommet conjoint CEEAC-CEDEAO?

Monsieur le journaliste,  je peux vous affirmer du fond du cœur  que cette rencontre sera la bienvenue dans la mesure où les questions de paix et de sécurité  me  préoccupent énormément  comme c’est le cas pour les plus hautes autorités de mon pays notamment Son Excellence Monsieur  le Président de la République Centrafricaine. En un mot, ce sommet sera le bienvenu dans la mesure où les défis sécuritaires sont énormes dans les deux sous-régions.

Madame, il y a environ un mois, le Président  Faustin Archanges TOUADERA  a  célébré le deuxième anniversaire de son accession au pouvoir, que retenir de ces deux ans de pouvoir?

  Merci beaucoup pour cette question. Je puis vous affirmer que la paix, la sécurité et la réconciliation nationale; l’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs; la réforme de l’administration et la satisfaction des besoins essentiels des populations demeurent les axes prioritaires de Son Excellence Monsieur le Président de la République. 

Au cours de deux ans de pouvoir,  il a poursuivi les efforts en vue du rétablissement de la paix et de la sécurité, la restauration de l’autorité de l’Etat, le vivre ensemble, la cohésion sociale, la réconciliation nationale et la mobilisation des ressources en vue de soutenir les efforts de relèvement du pays.

Sa priorité et l’impératif qu’il a assignés au Gouvernement demeurent toujours la paix, la sécurité sur l’ensemble du territoire et la réconciliation nationale. Cette priorité consiste à lutter contre la présence de l’activité des groupes armés en République Centrafricaine, en appliquant sans délai le programme du Désarmement, de la Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), en réformant le secteur de la sécurité (RSS), en reconstruisant les FACA et les forces de sécurité intérieure avec pour objectif principal la mise en place des forces de défense nationale et de sécurité intérieure, professionnelles, apolitiques, représentatives et équilibrées.

 En ce qui concerne le programme du Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), le Chef de l’Etat a  mis en place la Coordination DDRR.

 

Il paraît que le Président a un rêve qui lui tient beaucoup à coeur, vous confirmez?

Le rêve  du Président Touadera pour la République Centrafricaine  est d’ éduquer, nourrir, soigner, loger et protéger tous ses enfants du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest dans la quiétude d’une nation diverse et réconciliée conformément à la philosophie du Premier Prêtre oubanguien et fondateur de la République centrafricaine, Barthélémy BOGANDA.

Et aussi, il a fait un plaidoyer pour la paix en RCA ..?  

Si si. Son plaidoyer a conduit à une mobilisation sans précédent de la solidarité internationale  en  faveur de la RCA, pour assurer la réalisation du plan de relèvement et de consolidation de la paix en République Centrafricaine, le RCPCA. Pour  assurer ce plan, son gouvernement  a conclu un accord servant de nouveau  cadre d’engagement  mutuel entre la République  Centrafricaine et la Communauté Internationale.

                       ( Quelques membres du corps diplomatique accrédités  au Togo)

L’évaluation commune  faite avec les partenaires, a permis  d’identifier les forces à consolider  ainsi que les domaines à améliorer, voire à corriger. Malgré toutes les faiblesses inhérentes à la situation spécifique de la RCA, tout a été mis en œuvre par le gouvernement TOUADERA pour redoubler d’effort, afin d’atteindre les objectifs stratégiques  et permettre aux Centrafricains de jouir  pleinement  des dividendes du retour à la légitimité et à la légalité constitutionnelle en matière de sécurité. Le gouvernement a mobilisé  toutes ses énergies pour consolider le processus  menant à l’arrêt de toutes les hostilités sur le territoire national.

C’est au prix de laborieux efforts que la participation  active et permanente  aux travaux du  Comité consultatif  et de suivi (CCS)  des 14 groupes armés engagés dans le programme  national de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (PNDDRR) le dit comité avait  tenu avec succès sa 7e session les 03 et 04 Août 2017.

Dans cette quête  de paix, la contribution de la communauté Sant ‘Egidio qui a mené à l’entente  de Rome du 19 Juin 2017.

A cette occasion, tous les groupes armés ont eu à réaffirmer leur attachement à l’intégrité du territoire  national, à nos valeurs  communes.

Un soutien du travail  d’harmonisation de tous les efforts  de  paix en RCA qui a  abouti à l’adoption  de la feuille de route pour la paix et  la réconciliation en République Centrafricaine. A  Libreville, le 17 Juillet  2017, une avancée majeure   a marqué l’engagement indéfectible des pays  voisins, de l’Union Africaine, de la CEEAC et de la CIRGL au succès  de cette  quête inlassable de paix.

Le gouvernement œuvre à la reconstruction d’une armée nationale, représentative,  professionnelle et républicaine  dans le cadre  de la réforme du secteur de la sécurité, s’inspirant  d’une politique nationale de sécurité.  L’appui offert  par  l’EUTM-RCA a permis la formation  de deux  bataillons prêts  à être déployés. Cinq cents policiers et gendarmes ont été recrutés  avec  le concours de  la Minusca.

Tout ceci prouve la détermination des plus hautes autorités centrafricaines à œuvrer pour la paix, la cohésion nationale et le développement.

 

Madame la Consule Générale, votre mot de la fin?

Je tiens à réitérer mes félicitations aux Présidents togolais et gabonais,  Leurs  Excellences Faure Essozimna Gnassingbé et Ali  BONGO respectivement Présidents en exercice de la CEDEAO et de la CEEAC pour leur initiative d’organiser  un sommet sous l’égide des Nations Unies pour la restauration de la paix et  la sécurité dans les deux sous-régions. Je ne saurais terminer mon interview sans réitérer mes félicitations à Son Excellence Monsieur Faustin Archange TOUADERA  pour le bilan positif de ses deux ans à la tête de notre cher et beau pays, la République Centrafricaine.

Interview réalisée par Jean-Baptiste ATTISSO

L’espace aérien du Togo rassure de plus en plus les compagnies aériennes et les institutions internationales de l’aviation civile. Cela se matérialise par le regain d’intérêt pour l’Aéroport International Gnassingbé Eyadema  de Lomé dont le trafic est en pleine croissance  et de grandes  compagnies se bousculent à son portillon.   Les efforts des autorités togolaises et surtout de l’Agence nationale de l’Aviation civile, dirigée de mains de Maître par le Colonel Dokissime Gnama LATTA, sont à saluer. Et justement pour connaître  les raisons  de l’engouement  qui suscite l’Aéroport de Lomé, nous avons approché le  Colonel LATTA (en photo), Directeur Général de l’ANAC. Volontiers, il s’est exprimé dans cette interview qu’il a accordée à l’Agence  « Corps Diplomatic Togo ». Lecture.

Bonjour et  Merci Monsieur le Directeur Général de l’ANAC d’avoir accepté  notre sollicitation.  Du 10 au 12 Avril derniers, le Togo a abrité  la Conférence de haut niveau sur l’Amélioration des services de recherche et de sauvetage en Afrique (SAR). Pourquoi cette conférence de la CAFAC,  Commission Africaine de l’Aviation Civile?

 Merci. Vous savez, en Afrique et selon l’OACI, le trafic aérien représente 3% et on assiste à près de 35% d’accidents ;   c’est trop. En aviation, pour vraiment réussir,  il faut se mettre ensemble. Ensemble, on  sera fort. Quand il y a un accident d’avion quelque part, la plupart des victimes ne décèdent pas à cause du crash de l’avion mais par manque de moyens pour aller chercher des secours. Et les victimes meurent en succombant à leurs blessures ou aux chocs parce que les secours tardent à venir les chercher à la suite des accidents. Vous savez, le Président de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), Dr  Bernard ALIU, qui est un digne fils d’Afrique,  a  une vision. D’abord il a défini cette initiative selon laquelle « aucun Etat ne doit être laissé de côté ». Et l’initiative de « sauvetage»  est un aspect très important pour sauver des vies humaines. Alors sa vision, c’est quoi? C’est d’inviter d’abord les pays à signer des accords de mémorandums entre les pays limitrophes.  Par exemple, le Togo n’a pas été choisi par hasard. C’est parce que nous remplissons toutes ces conditions. Nous avons signé  des accords avec le Ghana, un pays frère et le Bénin puis le Burkina et le Niger qui sont aussi deux autres pays frères. Ça c’est fait ici à Lomé et cela s’est bien passé. Nous avons fait ce qu’on appelle le maillage de notre pays en mettant dans les 5 régions avec les chefs lieux, des petits sous centres. Nous avons même réussi à mettre ensemble les pêcheurs de Lomé zone Est, Centre et Ouest. Et nous mettons un accent particulier sur la formation du personnel. C’est une initiative louable et qu’il faut mettre à l’actif des initiatives du Président de l’OACI qui n’arrête pas de s’engager chaque jour.

 Un événement phare lors de cette rencontre fut le Prix décerné au Togo par le Conseil de l’OACI. Quel était ce prix ?

 Vous savez, l’OACI a en son sein 192 pays dont le Togo. Et elle conduit régulièrement des audits en matière de sûreté et de sécurité USOAP. Le Togo a fait l’objet d’un audit USOAP et qui concerne les 19 annexes. L’audit s’est donc passé du 18 au 24 mai 2016 et le score obtenu par notre pays était de 85,77%. Ce qui a fait du Togo,  un Etat phare et on est sorti premier des pays de l’espace  africain. Au niveau de l’OACI, lors de la 39ème Assemblée générale en septembre 2016 à Montréal,  on avait décerné à certains pays qui ont fait des progrès. Il dire que l’OACI exige des Etats membres un taux d’implémentation d’au moins  60%. La plupart des pays africains peinent  à arriver à ce taux parce que cela nécessite de la réglementation, des fonds, de l’autonomie, de la formation de qualité, de l’agrément, de la maintenance, de certifications des compagnies et ça demande beaucoup de sous. Cela nécessite beaucoup de paramètres à remplir. Beaucoup de pays ont d’énormes difficultés à atteindre les 60%. C’est le lieu de remercier nos autorités qui nous accompagne, ce qui nous a permis avec les moyens dont nous disposons d’avoir un programme bien suivi et bien planifié. Et nous avons pu avoir un taux de 85,77% qui nous place en tête  de l’Afrique. En reconnaissance de cet effort qui a été entrepris par l’ANAC Togo, ils ont décerné ce certificat de mérite pour avoir atteint les actions effectivement réalisées supérieures  à 60%.

On  reconnaît  Dr Bernard ALIU à gauche ...... et le Premier Ministre togolais qui brandissait le Certificat  de l'OACI

 Nous constatons ces derniers temps un regain d’intérêt pour l’Aéroport  International Gnassingbé Eyadema de Lomé. Qu’est-ce qui explique cela ?

 D’abord il faut saluer la vision du Chef de l’Etat parce que construire  l’aérogare sur trois niveaux,  21 mille m2 avec des équipements les plus modernes, ça attire les gens. Les gens veulent venir dans des installations sûres et sécurisées et c’est le cas  du Togo. Nous avons installé à l’intérieur des équipements de sécurité dernier cri, les Smith   américains, des tomographes, des détecteurs d’explosifs solides et liquides, ce qui nous permet  d’organiser des vols partout. Vous savez, ne va pas aux Etats Unis qui veut. Et le Togo dispose aujourd’hui de 4 vols hebdomadaires vers les Etats Unis d’ Amérique, 4 vols hebdomadaires vers le Brésil et des vols quotidiens vers l’Europe via des avions les plus modernes comme des Boeings. Ensuite nous avons aussi des compagnies comme Ethiopian, Asky,  Air Côte d’Ivoire, Air Burkina. Le Togo est donc  devenu un hub. Nous disposons des détecteurs d’explosifs solides et liquides, ce qui est d’ailleurs rare et que vous ne trouverez pas dans tous les aéroports.

 Combien de compagnies desservent aujourd’hui cet  Aéroport?

Nous disposons aujourd’hui d’une douzaine de compagnies aériennes qui desservent le Togo et nous attendons encore d’autres compagnies qui s’annoncent. Notez bien que le trafic a augmenté de 8% au Togo de 2015 à 2016.   Et comme je vous le disais, il y a des compagnies que nous attendons et qui sont dans le starting-block.  Nous sommes dans le processus.

Il  y a quelques jours, vous avez signé un Mémorandum d’entente avec la Compagnie EGYPTAIR.  Quel est le substrat de ce mémorandum?

 C’est que l’Egyptair dispose de la capacité de formation. Ils ont la capacité de former nos personnels en aéronautique avec des experts égyptiens et de créer surtout une école de formation avec les Egyptiens. Il est également question d’un projet de desserte de Lomé par Egyptair. Ça fait partie des accords signés entre le Togo et l’Egypte en 2014 et tout récemment quand le Chef de l’Etat togolais était en visite en Egypte,  il y a eu une audience qui s’est déroulée dans une belle ambiance car les deux Chefs d’Etats se connaissent très bien. Et il était question qu’à l’issue de cette rencontre, que les experts égyptiens de la compagnie Egyptair viennent voir la faisabilité de la desserte de Lomé. C’est ce qui était prévu et d’ailleurs une concrétisation de la vision du Chef de l’Etat qui veut faire du Togo un pays émergent dans tous les secteurs, aérien, maritime, ferroviaire, routier.  Le Togo est en chantier. Tous ceux qui ont quitté le Togo il y a longtemps quand ils reviennent, ils le disent. J’ai un proche  qui a quitté le pays depuis 15 ans et qui est revenu pour les obsèques d’un parent. A sa sortie il est étonnant du changement. Il demandait au pilote, je veux aller au Togo, tu m’as amené où. Et le pilote lui répond. Hey, petit zigolo, tu es au Togo. Tu  penses  que je ne connais  pas le Togo. Vous êtes bien au Togo. Et il s’exclame, c’est depuis quand! Et le pilote lui répond : depuis le Chef  de l’Etat.

Nous sommes fiers quand nous entendons des choses comme ça.

Monsieur le Directeur Général, Votre mot de la fin

Je vous remercie, vous qui êtes venu à la recherche de l’information et c’est à vous maintenant de faire une large diffusion pour que le peuple togolais soit informé. Je profite pour vous souhaiter mes meilleurs vœux pour vous et pour votre structure.

 Interview réalisée par la Rédaction 

La désignation de Faure Gnassingbé comme Président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et les questions sécuritaires au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) ne laissent pas indifférente la Consule Générale de la République Centrafricaine  au Togo. Marie-Thérèse ZOUNGOULA-AKIBODE (en photo),  puisqu’il s’agit d’elle, est sortie de son mutisme pour se prononcer sur ces sujets d’actualité. Cette Dame de fer, mère de cinq enfants, fonctionnaire centrafricaine  très dynamique, fait encore parler d’elle après sa  double distinction par son Etat: « Chevalier puis Officier de l’Ordre de mérite centrafricain ». D'un palmarès hors pair, elle a accepté volontiers, se prêter aux questions de l’Agence de presse « Corps Diplomatic Togo».

Lisez plutôt.

Bonjour Madame le Consul Général de la République Centrafricaine au Togo et merci d’avoir accepté notre sollicitation.

Réponse : Bonjour.

Vous avez pris part  le vendredi 07 Juillet 2017 à la cérémonie de présentation de la feuille de Faure Gnassingbé en  tant  que  Président en exercice  de la CEDEAO. Lors de cette  cérémonie, vous avez plaidé pour une coopération entre la CEDEAO et la CEEAC en  matière  sécuritaire. Dites-nous, Madame, ce qui motive ce plaidoyer ?

Réponse : Monsieur le journaliste, je vous remercie. Permettez-moi de présenter les félicitations de Son Excellence Monsieur Faustin Archange TOUADERA à son homologue  Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE pour avoir été choisi par ses pairs de la CEDEAO pour présider la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement  de cette institution. Je vous dirai que pendant  la conférence  qui a eu lieu le vendredi 07 juillet à Lomé et qui a été animée par le Ministre togolais des Affaires Etrangères de la Coopération et de l’Intégration Africaine, Professeur  Robert DUSSEY et le Président de la Commission de la CEDEAO, Monsieur Marcel Alain de SOUZA en présence de certaines autorités togolaises et surtout des Diplomates accrédités au Togo, je me suis donc permise  de plaider pour une action collégiale entre ces deux organisations:la CEDEAO et la CEEAC. Pourquoi? Pour une coopération étroite qui doit lutter efficacement contre l’extrémisme violent et le terrorisme qu’on trouve de plus en plus dans toute l’Afrique et pour maintenir la paix et la sécurité dans toutes les régions du continent. Nous vivons tous les jours malheureusement des situations qui nous prouvent que l’Afrique n’a vraiment pas de frontières. Il y a une interpénétration des populations  entre les régions.  Il en est de même pour les armes. Nous pensons que la coopération entre ces deux organisations doit être de plus en plus étroite pour sécuriser toute l’Afrique parce que les armes circulent très facilement. Quand ça quitte un pays, ça va facilement dans un autre pays et les premières victimes sont les femmes et les jeunes. C’est la grande raison pour laquelle j’ai eu à plaider. Et nous avons eu des réponses satisfaisantes de la part du Président de la Commission de la CEDEAO, Marcel Alain de SOUZA.

Je puis aussi vous dire que la question sécuritaire préoccupe au plus haut degré les sommités de nos Etats. En témoigne  la visite effectuée le 13 Juillet dernier à Lomé par le Président Ali BONGO ONDIMBA, Président en exercice de la CEEAC  chez son homologue togolais, Faure GNASSINGBE,  Président en exercice de la CEDEAO.

 

Vous êtes la Représentante officielle de la République Centrafricaine au Togo. Pourriez-vous nous parler  à présent des relations de coopération entre le Togo et la RCA?

Réponse : Les relations sont bonnes. Je dirai même très bonnes dans plusieurs domaines. La coopération en matière électorale. Parmi les experts internationaux qui se rendent souvent en Centrafrique, nous avons beaucoup d’experts togolais, œuvrant dans des ONG nationales  et internationales qui interviennent dans différents domaines pour la formation militaire et religieuse de leurs frères centrafricains. En dehors de ça,  nous avons une  coopération dans le domaine du maintien de la paix. Dans ce domaine, nous avons des contingents militaires togolais qui se rendent régulièrement en Centrafrique pour lutter contre le terrorisme aux côtés de leurs frères centrafricains. Et en matière de formation de la jeunesse, nous avons beaucoup d’étudiants qui sont centrafricains et qui poursuivent leurs études dans les universités publiques et privées au Togo, certaines grandes écoles à l'instar de l'Ecole du Service de Santé des Armées de Lomé (ESSAL), l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) et l'Ecole Africaine des Métiers de l'Architecture et de l'Urbanisme (EAMAU). Nous en avons beaucoup ici à Lomé et cela jusqu’au nord du Togo. Dans tous les domaines nous avons des étudiants centrafricains. C’est pour vous dire que pour la relève de qualité, le Togo nous aide beaucoup dans la formation de la jeunesse centrafricaine. Nous n’allons pas oublier les commerçants centrafricains qui viennent au Togo pour leurs affaires.  Ils sont satisfaits. Nous avons un service de transit également donc des commerçants centrafricains viennent s’approvisionner au Togo. Nous n’oublions pas les mariages mixtes qui se font entre Togolais et Centrafricains.

Le 30 Avril 2017 et dans le cadre de l'émission "Dernier Dimanche du mois" qui passe à la Télévision togolaise, notre communauté a présenté des danses folkloriques  et un poème de remerciement dédié  au 57e anniversaire de l'accession du Togo à la souveraineté internationale. 

Le Consulat Général participe activement aux activités de la Semaine de l'Intégration Africaine qu'organise chaque année le Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l'Intégration Africaine. Et lors de la deuxième Edition de cet événement qui a eu lieu les 22, 24 et 26 Mai 2017, le Ministère a réitéré l'engagement du gouvernement togolais à oeuvrer, toujours de concert avec le Consulat Général  de la Centrafrique, au renforcement de la coopération exemplaire existant entre nos deux pays.  Voilà en gros ce que je peux vous dire dans les faits que nous vivons tous les jours au Togo. Cela prouve  la ferveur qui marque les relations de fraternité, d'amitié et de coopération entre les deux peuples. 

La Consule Générale (habillée en vert) lors de la Conférence tenue le 07 Juillet dernier au Ministère des Affaires Etrangères à Lomé avec les membres du corps diplomatique 

Depuis quelques mois, on remarque un afflux de Centrafricains vers  le  Togo. Qu’est-ce qui selon vous sous tend cette migration?

Réponse : Effectivement, les groupes armés qui descendent un peu partout et qui viennent en Centrafrique aussi. C’est la raison plausible.  Vous suivez sur les antennes que les réfugiés viennent agrandir le nombre de ressortissants centrafricains vivant au Togo. Et Dieu merci, nous avons l’aide du Ministère togolais de l’Action Sociale,  de la Promotion féminine et de l'Alphabétisation  et du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) pour  accueillir ces Centrafricains.

 A combien estimez-vous  aujourd’hui  votre  communauté  vivant ici à Lomé?

Réponse : Nous sommes à peu près entre 600 et 700. Je vous l’avais dit les réfugiés sont venus agrandir le nombre des ressortissants centrafricains au Togo. Ces chiffres ne sont pas exhaustifs puisqu’il y a certains qui n’aiment pas se faire déclarer officiellement au Consulat.

Quels sont  les problèmes auxquels  cette communauté est confrontée dans le train-train quotidien  surtout  avec  l’administration togolaise?

Réponse : Après plusieurs séances de travail avec le service togolais de l’immigration, la direction de ce service offre des facilités aux ressortissants centrafricains dans le cadre de leur séjour. Quand on est loin de son pays, on a toujours des difficultés. Souvent,  ils ont des problèmes de bourses, ils ont des problèmes financiers. C’est tout ce qui leur rend  la vie un peu difficile sinon, ils vont bien et ils sont en bons termes avec leurs frères Togolais.

Quels conseils avez-vous à  prodiguer  à cette communauté qui vous lira certainement  à travers cette Interview?

Réponse: Je ne cesse pas de dire à cette communauté surtout aux jeunes  que nous devons respecter notre pays d’accueil. J’insiste toujours sur leur comportement de dignité et de travail pour honorer la République Centrafricaine. Je leur demande de se comporter  comme de vrais Ambassadeurs centrafricains au Togo.

Madame, votre mot de la fin.

Réponse: Au nom de la République Centrafricaine et précisément au nom de notre président, Son Excellence Faustin Archange TOUADERA, nous tenons à remercier Son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE pour l’hospitalité offerte  et ses efforts  pour aider la communauté centrafricaine à se sentir bien au Togo. Le président Faure GNASSINGBE qui ne cesse  de  mettre l’accent sur l’amitié entre les peuples. Le sommet sur l’Union Africaine que  nous venons de vivre en octobre 2016 s’est soldé par la signature de la charte de Lomé et c’est un important signe de coopération régionale et spécialement entre la CEDEAO et la CEEAC pour la paix et la sécurité dans toutes les régions du continent. A travers ce sommet, le Togo est ainsi en train de promouvoir une politique globale pour booster la sécurité et la sûreté dans le cadre de la coopération sud-sud afin d’éliminer la pauvreté et surtout de promouvoir le développement économique en Afrique. Nous lui en sommes très reconnaissants.  Vive  la Coopération entre la République Centrafricaine et la République togolaise. Vive la coopération entre la CEEAC et la CEDEAO.  Que  Dieu bénisse toute l’Afrique.

Madame le Consul Général, nous vous remercions pour votre disponibilité.

Réponse : C’est moi plutôt qui vous remercie.

Interview réalisée par Jean-Baptiste ATTISSO

Poignets de mains entre la Consule Générale et l’Ambassadeur de France au Togo, Marc Fonbaustier (le 14 Juillet 2017)

Après un parcours de 365 jours, l’heure est au bilan. Et c’est justement ce qu’a fait le Chef de la Diplomatie togolaise,  Son Excellence  Robert DUSSEY  dans les lignes qui  suivent auprès de nos confrères d’Icilomé. Il a passé en  revue les grandes actions de son département au cours de l’année 2016  qui tire  à sa fin dans quelques jours  pour ne pas dire heures.

Lisez plutôt.

Bonjour Excellence. Comment se porte aujourd’hui la diplomatie togolaise ?

La diplomatie togolaise se porte bien. Vous, journalistes, vous êtes d’ailleurs les témoins du « grand retour du Togo sur la scène internationale ». L’agenda de cette année 2016 finissant, l’illustre si bien comme vous l’aurez constaté vous-même…

 

Après une année d’intenses activités, place au bilan. Quelles sont les grandes actions menées par votre département en 2016 ?

 

Pour nous, chaque jour, chaque semaine et chaque mois compte pour relever les défis de la diplomatie togolaise. La vision du président de la République, est de repositionner la Togo dans le concert des nations - ce qui explique les nombreuses actions de la diplomatie togolaise, qui vont de la visite ici à Lomé ( 3, 4, 5 janvier 2016) de Gerd MÜLLER, ministre allemand de la coopération et du développement ; à l’initiative réussite diaspora (15 janvier 2016), une première en Afrique sub-saharienne ; en passant par le printemps de la coopération germano-togolaise (3, 4, 5 avril 2016), un événement unanimement apprécié par Berlin et Lomé ; sans oublier la semaine de l’intégration africaine, célébrée avec faste (23 au 28 mai 2016) ; la 3ème édition du Comité d’Orientation Stratégique Afrique de l’Ouest-Union européenne (22 au 24 juin 2016) ; les Consultations Afrique-Chine-USA pour la paix (27 au 28 juillet 2016).

A cela, s’ajoutent les visites d’Etat du président Faure Essozimna GNASSINGBE en Chine (29 au 2 juin 2016), en Allemagne (8 au 3 juin 2016), et en Israël (7 au 11 août 2016), au Kenya (11 au 13 décembre 2016) mais aussi, celle de Manuel VALLS, l’ancien premier ministre français, à Lomé.

L’almanach 2016 de la diplomatie togolaise, retiendra également, le sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique, tenu du 10 au 15 octobre dernier.

Evidemment, parler de ce sommet, c’est évoquer la CHARTE DE LOME, une première  en Afrique !

 Quelle activité, vous a le plus marqué ?

En tant que journaliste, et vu de l’extérieur, vous le savez mieux que nous ! Toutes ces nombreuses activités sont différentes les unes des autres, et donc pas comparables. Mais, elles éclairent le Togo sur la scène internationale et concourent à son repositionnement dans le concert des nations – donc, c’est le Togo qui en sort de nouveau grandi (…)

 

Le 7 décembre, vous avez encore primé les meilleurs agents de votre ministère. C’est la troisième fois que vous posez un tel acte.

Sur quels critères ces agents retenus ?

 

Autant nous faisons de la diplomatie économique, un outil au service du développement du Togo. Autant nous croyons que les ressources humaines doivent être de qualité – autant nous croyons qu’il fallait motiver l’ensemble du personnel pour réussir ce challenge, d’où « LE PRIX DE L’EXCELLENCE ».

Ces agents ont été jugés sur plusieurs critères notamment : la dimension sociale, la dimension professionnelle et la dimension intellectuelle.

Evidemment, ces différentes dimensions ou critères ont été noté par un jury indépendant, appuyé par les experts de l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE).

 A cette édition 2016, nous avons donc primé 4 personnes (1 Employé, 1 secrétaire, 1 cadre et 1 haut fonctionnaire).

 

La deuxième édition du printemps de la coopération germano-togolaise se tiendra début avril 2017, sujet que vous avez d’ailleurs abordé à Berlin, lors de votre récente visite. Quelles seront les innovations?

 

Cette initiative « printemps de la coopération germano-togolaise » est l’expression de la vitalité des relations diplomatiques et économiques entre Berlin et Lomé.

La première édition (les 3, 4, 5 avril 2016) fut une réussite pour tous les acteurs allemands et togolais.

La deuxième édition qui se tiendra les 3, 4, 5 avril 2017, verra la participation des pays de l’hinterland (Mali, Niger et Burkina Faso) que le Togo dessert à partir de son port en eau profonde (le seul dans la sous région ouest africaine).

Le Togo qui a une longue histoire avec l’Allemagne, mais aussi avec ses partenaires de la sous-région, donnera à l’occasion de cette deuxième édition du printemps de la coopération germano-togolaise, un cachet fortement culturel – particulièrement en faveur des peuples Allemands et Togolais.

Aussi, les partenaires du secteur privé dans toute sa diversité seront mobilisés pour cette deuxième édition…

Un dernier mot ?

Je vous remercie de l’intérêt que vous portez au Togo à travers sa diplomatie. Aussi voudrais-je saluer et remercier l’ensemble des médias et nos partenaires qui nous accompagnent dans nos activités.

Pour finir, je voudrais vous souhaiter à vous-même, à tous les hommes et femmes de médias, à nos partenaires et à tout le monde, une heureuse année de santé et de succès en 2017.