L’espace aérien du Togo rassure de plus en plus les compagnies aériennes et les institutions internationales de l’aviation civile. Cela se matérialise par le regain d’intérêt pour l’Aéroport International Gnassingbé Eyadema  de Lomé dont le trafic est en pleine croissance  et de grandes  compagnies se bousculent à son portillon.   Les efforts des autorités togolaises et surtout de l’Agence nationale de l’Aviation civile, dirigée de mains de Maître par le Colonel Dokissime Gnama LATTA, sont à saluer. Et justement pour connaître  les raisons  de l’engouement  qui suscite l’Aéroport de Lomé, nous avons approché le  Colonel LATTA (en photo), Directeur Général de l’ANAC. Volontiers, il s’est exprimé dans cette interview qu’il a accordée à l’Agence  « Corps Diplomatic Togo ». Lecture.

Bonjour et  Merci Monsieur le Directeur Général de l’ANAC d’avoir accepté  notre sollicitation.  Du 10 au 12 Avril derniers, le Togo a abrité  la Conférence de haut niveau sur l’Amélioration des services de recherche et de sauvetage en Afrique (SAR). Pourquoi cette conférence de la CAFAC,  Commission Africaine de l’Aviation Civile?

 Merci. Vous savez, en Afrique et selon l’OACI, le trafic aérien représente 3% et on assiste à près de 35% d’accidents ;   c’est trop. En aviation, pour vraiment réussir,  il faut se mettre ensemble. Ensemble, on  sera fort. Quand il y a un accident d’avion quelque part, la plupart des victimes ne décèdent pas à cause du crash de l’avion mais par manque de moyens pour aller chercher des secours. Et les victimes meurent en succombant à leurs blessures ou aux chocs parce que les secours tardent à venir les chercher à la suite des accidents. Vous savez, le Président de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), Dr  Bernard ALIU, qui est un digne fils d’Afrique,  a  une vision. D’abord il a défini cette initiative selon laquelle « aucun Etat ne doit être laissé de côté ». Et l’initiative de « sauvetage»  est un aspect très important pour sauver des vies humaines. Alors sa vision, c’est quoi? C’est d’inviter d’abord les pays à signer des accords de mémorandums entre les pays limitrophes.  Par exemple, le Togo n’a pas été choisi par hasard. C’est parce que nous remplissons toutes ces conditions. Nous avons signé  des accords avec le Ghana, un pays frère et le Bénin puis le Burkina et le Niger qui sont aussi deux autres pays frères. Ça c’est fait ici à Lomé et cela s’est bien passé. Nous avons fait ce qu’on appelle le maillage de notre pays en mettant dans les 5 régions avec les chefs lieux, des petits sous centres. Nous avons même réussi à mettre ensemble les pêcheurs de Lomé zone Est, Centre et Ouest. Et nous mettons un accent particulier sur la formation du personnel. C’est une initiative louable et qu’il faut mettre à l’actif des initiatives du Président de l’OACI qui n’arrête pas de s’engager chaque jour.

 Un événement phare lors de cette rencontre fut le Prix décerné au Togo par le Conseil de l’OACI. Quel était ce prix ?

 Vous savez, l’OACI a en son sein 192 pays dont le Togo. Et elle conduit régulièrement des audits en matière de sûreté et de sécurité USOAP. Le Togo a fait l’objet d’un audit USOAP et qui concerne les 19 annexes. L’audit s’est donc passé du 18 au 24 mai 2016 et le score obtenu par notre pays était de 85,77%. Ce qui a fait du Togo,  un Etat phare et on est sorti premier des pays de l’espace  africain. Au niveau de l’OACI, lors de la 39ème Assemblée générale en septembre 2016 à Montréal,  on avait décerné à certains pays qui ont fait des progrès. Il dire que l’OACI exige des Etats membres un taux d’implémentation d’au moins  60%. La plupart des pays africains peinent  à arriver à ce taux parce que cela nécessite de la réglementation, des fonds, de l’autonomie, de la formation de qualité, de l’agrément, de la maintenance, de certifications des compagnies et ça demande beaucoup de sous. Cela nécessite beaucoup de paramètres à remplir. Beaucoup de pays ont d’énormes difficultés à atteindre les 60%. C’est le lieu de remercier nos autorités qui nous accompagne, ce qui nous a permis avec les moyens dont nous disposons d’avoir un programme bien suivi et bien planifié. Et nous avons pu avoir un taux de 85,77% qui nous place en tête  de l’Afrique. En reconnaissance de cet effort qui a été entrepris par l’ANAC Togo, ils ont décerné ce certificat de mérite pour avoir atteint les actions effectivement réalisées supérieures  à 60%.

On  reconnaît  Dr Bernard ALIU à gauche ...... et le Premier Ministre togolais qui brandissait le Certificat  de l'OACI

 Nous constatons ces derniers temps un regain d’intérêt pour l’Aéroport  International Gnassingbé Eyadema de Lomé. Qu’est-ce qui explique cela ?

 D’abord il faut saluer la vision du Chef de l’Etat parce que construire  l’aérogare sur trois niveaux,  21 mille m2 avec des équipements les plus modernes, ça attire les gens. Les gens veulent venir dans des installations sûres et sécurisées et c’est le cas  du Togo. Nous avons installé à l’intérieur des équipements de sécurité dernier cri, les Smith   américains, des tomographes, des détecteurs d’explosifs solides et liquides, ce qui nous permet  d’organiser des vols partout. Vous savez, ne va pas aux Etats Unis qui veut. Et le Togo dispose aujourd’hui de 4 vols hebdomadaires vers les Etats Unis d’ Amérique, 4 vols hebdomadaires vers le Brésil et des vols quotidiens vers l’Europe via des avions les plus modernes comme des Boeings. Ensuite nous avons aussi des compagnies comme Ethiopian, Asky,  Air Côte d’Ivoire, Air Burkina. Le Togo est donc  devenu un hub. Nous disposons des détecteurs d’explosifs solides et liquides, ce qui est d’ailleurs rare et que vous ne trouverez pas dans tous les aéroports.

 Combien de compagnies desservent aujourd’hui cet  Aéroport?

Nous disposons aujourd’hui d’une douzaine de compagnies aériennes qui desservent le Togo et nous attendons encore d’autres compagnies qui s’annoncent. Notez bien que le trafic a augmenté de 8% au Togo de 2015 à 2016.   Et comme je vous le disais, il y a des compagnies que nous attendons et qui sont dans le starting-block.  Nous sommes dans le processus.

Il  y a quelques jours, vous avez signé un Mémorandum d’entente avec la Compagnie EGYPTAIR.  Quel est le substrat de ce mémorandum?

 C’est que l’Egyptair dispose de la capacité de formation. Ils ont la capacité de former nos personnels en aéronautique avec des experts égyptiens et de créer surtout une école de formation avec les Egyptiens. Il est également question d’un projet de desserte de Lomé par Egyptair. Ça fait partie des accords signés entre le Togo et l’Egypte en 2014 et tout récemment quand le Chef de l’Etat togolais était en visite en Egypte,  il y a eu une audience qui s’est déroulée dans une belle ambiance car les deux Chefs d’Etats se connaissent très bien. Et il était question qu’à l’issue de cette rencontre, que les experts égyptiens de la compagnie Egyptair viennent voir la faisabilité de la desserte de Lomé. C’est ce qui était prévu et d’ailleurs une concrétisation de la vision du Chef de l’Etat qui veut faire du Togo un pays émergent dans tous les secteurs, aérien, maritime, ferroviaire, routier.  Le Togo est en chantier. Tous ceux qui ont quitté le Togo il y a longtemps quand ils reviennent, ils le disent. J’ai un proche  qui a quitté le pays depuis 15 ans et qui est revenu pour les obsèques d’un parent. A sa sortie il est étonnant du changement. Il demandait au pilote, je veux aller au Togo, tu m’as amené où. Et le pilote lui répond. Hey, petit zigolo, tu es au Togo. Tu  penses  que je ne connais  pas le Togo. Vous êtes bien au Togo. Et il s’exclame, c’est depuis quand! Et le pilote lui répond : depuis le Chef  de l’Etat.

Nous sommes fiers quand nous entendons des choses comme ça.

Monsieur le Directeur Général, Votre mot de la fin

Je vous remercie, vous qui êtes venu à la recherche de l’information et c’est à vous maintenant de faire une large diffusion pour que le peuple togolais soit informé. Je profite pour vous souhaiter mes meilleurs vœux pour vous et pour votre structure.

 Interview réalisée par la Rédaction