L’ancien Président sud-africain, Jacob Zuma, vient d’être arrêté ce mercredi 07 juillet et jeté en prison.  En effet, il a été condamné il y a une semaine  à 15 mois d’emprisonnement par la Cour constitutionnelle de son pays  au motif de son refus de comparaître devant une commission anti-corruption.

Saisie par une commission anti-corruption chargée d’examiner des affaires de corruption ayant émaillé les mandats de Jacob Zuma à la tête de l’Afrique du Sud, la Cour constitutionnelle a rendu son verdict ce mardi : l’ancien Président vient d’être condamné à la peine de 15 mois de prison. Celui qui affirmait, il y a peu, n’avoir aucune crainte d’être arrêté, condamné, ou incarcéré, a désormais cinq jours pour se rendre à la justice. Sans quoi, il sera emmené de force pour purger sa peine.

La condamnation est tombée en représailles au refus de l’ancien Président de comparaître devant une commission anti-corruption. La plus haute juridiction du pays a alors conclu à un outrage à la justice et a rendu son verdict « à la majorité de ses membres ». Pour la juge Sisi Khampepe, « ce genre de réticence et de défi est illégal et sera puni ». Et de poursuivre : « Je n’ai pas d’autre choix que d’emprisonner M. Zuma, dans l’espoir que cela envoie un message sans équivoque (…) l’État de droit et l’administration de la justice prévalent ».

Obligé de démissionner de ses fonctions, en 2018, avant le terme de son second mandat, en raison des nombreux scandales financiers et affaires scabreuses ayant émaillé sa présidence, Jacob Zuma est très vite obligé de faire face à la justice de son pays. Au cours de l’année même de sa démission, la commission Zondo, du nom de son président, Raymond Zondo, a été mise sur pied pour enquêter sur la corruption qui s’est généralisée pendant ses neuf années au pouvoir, en Afrique du Sud. Les affaires pullulent : affaires Gupta, Thales, etc.

Mais l’ancien chef d’État nie toute implication dans ces différentes affaires et, comptant sur les soutiens dont il bénéficie toujours au sein de l’ANC, refuse même de collaborer avec la justice, en ne répondant pas aux convocations. Depuis la création de la commission, Jacob Zuma n’a comparu qu’une seule fois – en juillet 2019 – et n’avait même pas hésité à claquer la porte, se plaignant d’être traité comme un « accusé ».

La situation de Jacob Zuma semble si désespérée – il est déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages depuis la création de la commission – qu’à l’occasion d’une audience virtuelle, en mars dernier, l’avocat de cette commission, Tembeka Ngcukaitobi, persuadé que la question de l’incarcération de l’ancien Président ne se posait plus, s’interrogeait plutôt sur combien de temps il devait passer derrière les barreaux ». Le statut d’ancien Président de M. Zuma « ne le protège pas de la loi », avait insisté l’avocat.